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À noter sur votre agenda

Du 13 au 15 juin 2024

 

La revue Poésie/première 
y  tiendra un stand

 

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Venez nombreux

Du 19 au 23 juin 2024

41e Marché de la Poésie

41e Marché de la Poésie
mercredi 19 – dimanche 23 juin 2024
(place Saint-Sulpice 75006 Paris).
La Grèce, invitée d’honneur.
États généraux permanents de la Poésie 2024 : la traduction du poème

 
La revue Poésie/première 
y  sera présente

Venez nombreux

nous rendre visite

sur le stand 108

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Les 12 et 13 octobre 2024

 
La revue Poésie/première 
y  sera présente

 

 

 

Venez nombreux

nous rendre visite

 

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Nous rendons hommage à :

Franck VENAILLE

Numéro 73

Julien BOSC

Numéro 74

Salah STÉTIÉ

Numéro 76

Guy CHATY

Numéro 76 & 77

Pierre OSTER

Numéro 77 & 78

Jean-Pierre THUILLAT

Numéro 78

Philippe JACCOTTET

Numéro 79 & 80

Bernard NOËL

Numéro 80

Michel DEGUY

Numéro 82

René de OBALDIA

Numéro 82

Anne MOUNIC

Numéro 82

Alain LACOUCHIE

Numéro 85

Luis MIZÓN

Numéro 85

Henri HEURTEBISE

Numéro 85

Christian BOBIN 

Numéro 85

Michel COSEM

Numéro 86

Werner LAMBERSY

Numéro 86

Anise KOLTZ

Numéro 86

Kenneth WHITE

Numéro 87

Jean-François MATHÉ

Numéro 87

Frédéric TISON

Numéro 87 & 88

 

Appréciations

Le Prix Cassiopée de la meilleure revue littéraire est attribuée à Poésie/première
(par Alice-Catherine Carls)

   Fêtant en 2019 ses vingt-cinq ans, Poésie Première s’est établie au fil des ans comme une grande revue. Son accueil chaleureux fait éclore les talents. Qui entre en Poésie/première entre en amitié et y reste. Robert Dadillon, fondateur de la revue (fin 1994) et rédacteur-en-chef pendant les neuf premières années, homme à l’esprit ouvert et généreux, avait un instinct infaillible de découvreur de talents. Emmanuel Hiriart, qui dirigea la revue de 2004 à 2014 dit dans son projet de constitution pour une Europe des poètes: “L’Europe des poètes s’ouvre à l’orient comme à l’océan, cueille la rose des vents, s’enracine en chacune de ses langues pour mieux les embrasser. Elle compte autant d’Etats que de poètes.”
   Martine Morillon-Carreau oriente aujourd’hui la revue vers la modernité et l’originalité de la poésie contemporaine dont elle maintient l’ouverture, l’originalité, et la qualité.
   La remise du Prix Cassiopée le 8 juin 2019 peut être consultée sur le site du Cénacle Européen.
   Le prix a été mentionné dans la revue en ligne Recours au Poème

Francopolis : Toujours très riche, ce dernier numéro de Poésie/première nous propose : un consistant dossier incluant des textes sur et du poète Serge Wellens, un dossier-hommage à Guy Chaty, un article de Bernard Fournier en hommage au poète franco-libanais Salah Stétié, qui nous a quitté en mai cette année à 90 ans, un incitant essai par Gérard Mottet sur poésie et musique, suivi d’un dialogue avec Guy Allix, des articles critiques de Martine Morillon-Carreau, Monique W. Labidoire, Béatrice Marchal, Sonia Elvireanu, Bernard Fournier, Jacqueline Persini, Basile Rouchin, Gérard Mottet, François Teyssandier, des poèmes de Raymond Beyeler, Armel Breus, Marc de Dommartin, Catherine Jarrett, Louis Raoul, Stella Vinitchi Radulescu, Arnaud Vendès, etc.

Alain Duault : je suis surtout frappé par la qualité globale de ce numéro.
   D’abord le passionnant texte liminaire de Gérard Mottet sur la “primitivité” et le “primitivisme” de l’écriture poétique, avec ses incises multiples du côté de l’anthropologie ou de la philosophie, constitue une base de réflexion essentielle sur “l’étant” du poème (pour reprendre un concept ontologique essentiel) – en connivence avec les réflexions de Jean-Louis Bernard, qui ouvrent d’autres horizons sur l’idée et l’effet, la présence et l’absence (qui, elle-même, fait écho à l’ab-sens). La dimension plus philosophique des réflexions de Jean-Louis Bernard, tissées au panorama que dessine Gérard Mottet, fait de ce diptyque un document important pour une pensée de la poésie qui se doit, infiniment, de “traverser l’obscur”. Oui, vraiment passionnant !
   Mais beaucoup d’autres textes m’ont retenu dans ce numéro, en particulier l’impressionnant poème-d’amour sensuel de Laurence Lépine à travers Tsvetaïeva, Pouchkine ou cette Perrine Le Querrec que je ne connais pas. Et puis la découverte d’Edouard Dujardin qui n’était pour moi qu’un nom vaguement rattaché au symbolisme et dont j’ai découvert, grâce à Bernard Fournier, une personnalité au feuilletage multiple, de Wagner à Mallarmé mais aussi du dandysme à la collaboration. Toujours est-il que cette somme offre une vue très complète et patrimoniale sur une personnalité littéraire… dont je découvre qu’il meurt en 1949, l’année de ma naissance, à quelques rues de mon appartement parisien ! 
   Je suis ravi de participer à une revue de ce niveau, une de celles qui ont la meilleure tenue parmi les revues littéraires qui continuent à faire battre le pouls de la poésie aujourd’hui.

 

Alain Duault : je viens d’achever la lecture de votre numéro 78, qui conforte mon sentiment de la haute tenue de votre revue.
   Vous lui assignez de belles perspectives dans votre Édito – et ces perspectives s’avèrent à la lecture, avec d’abord ce dossier sur Emilio Prados : ces 40 pages, bien présentées par Jacques Ancet, font vraiment pénétrer sa poésie, ce frémissement surréaliste mais aussi son dépassement du surréalisme (peut-être au contact de Paz ?), cette ascèse de l’écriture, ces nostalgies labourées, ce questionnement du monde, ces dialogues avec soi-même, avec une “âme” qui est peut-être ce “jardin perdu”. C’est une belle découverte d’un poète qui n’était pour moi qu’un nom.
   Et le texte de Gérard Mottet qui suit ce dossier est, dans un esprit bien différent, lui aussi très passionnant : l’interrogation sur le concept de “rêve” – et de ce point de vue le mot allemand
phantasie dirait beaucoup de ce rapport rêve/langage (dans le prolongement de ce qu’il écrit sur la Traumdeutung freudienne, cette interprétation des rêves qui ouvre des vannes dont la poéticité se vérifie régulièrement.
   J’ai aussi été intéressé par l’interview de Michel Passelergue qui prolonge le texte de Gérard Mottet, et ses poèmes (dont en particulier son
Aria della fiamma).
   Et puis quel magnifique hommage de Bernard Fournier à notre cher Pierre Oster ! Tous les aspects de son œuvre, ses filiations, son sens ample de la période, tout y est éclairé avec une fine empathie. Dommage peut-être de ne pas avoir prolongé avec quelques poèmes…
   J’en viens à votre nouvelle, chère Martine. Votre récit est palpitant et ce destin pathétique d’un double involontaire de Nerval me fait croire que ce n’est pas un coup d’essai : non seulement l’intrigue en est forte et originale mais la technique du récit parfaitement maitrisée.
   J’ai donc passé, comme souvent, de beaux moments à la lecture de ce n° 78, auquel je suis heureux d’être associé. Merci 

– Francopolis : Le thème de ce dernier numéro de Poésie/première est un essentiel : Le rêve – la poésie. Le sommaire inclut entre autres : un bel éditorial par Martine MORILLON-CARREAU, un dossier EMILIO PRADOS par Jacques ANCET, des articles de Gérard MOTTET, Danièle Corre (Hommage à Jean-Pierre Thuillat), Alain DUAULT, un poème inédit d’Abdellatif LAÂBI, une nouvelle inédite de Martine MORILLON-CARREAU, des poèmes d’Alain DUAULT, Domi BERGOUGNOUX, Jacques BONNEFON, Pierre GODO, Fabien MARQUET,  Béatrice PAILLER, Martine ROUHART, Sandrine TENNERONI, Fanie VINCENT, des chroniques de Gérard MOTTET (sur François MOCAËR), Bernard FOURNIER (sur Béatrice MARCHAL), des notes de lecture (sur Michel Bénard, Claudine Bohi, Eva-Maria Berg, Jamila Cornali, …).

Le n°79 de Poésie/première, sur le thème de l’Inspiration, fait la Une de la revue en ligne Décharge et vient d’être élue “Revue du mois 

Alain Duault : j’ai pu lire et déguster votre n°79. Et décidément, cette revue est devenue une des plus importantes du moment pour ce qui nous rassemble, la poésie.
   Mille raisons de s’en nourrir, du très bel hommage au cher Jaccottet (avec en particulier le texte si riche de Gérard Mottet, dont les variations de l’intuition à l’inspiration ouvrent de belles perspectives ! *) au dossier consacré à Anne Mounic et l’ensemble des textes qui suit la passionnante et éclairante conversation avec Michèle Duclos donne envie de poursuivre avec elle ce chemin qu’est la lecture.
  * À Gérard Mottet :  “je voudrais vous dire combien j’ai aimé lire votre texte sur l’inspiration – qui s’inscrit étonnamment comme un prolongement-développement de votre hommage à Jaccottet. La dialectique du souffle qui sous-tend ces deux textes (dans son battement extérieur/intérieur), la perspective polyphonique de cette inspiration, l’articulation de l’intuition et de l’émotion, l’inquiétude qui constitue l’espace ouvert où le poème s’avère, tout cela trace des pistes de réflexion qui pourraient se relancer sans doute…  Merci donc pour ce texte qui élève les questions”.

   À toute l’équipe de Poésie/première : merci de m’accueillir dans votre belle revue, avec cette haute tenue qui nous fait respirer haut : c’est utile en ces temps de saccage de la culture et de la langue ! 

– Francopolis : Dans cette édition de mai ayant pour thème « L’Inspiration », la revue Poésie/première nous offre une riche moisson de textes sur la poésie, le poétique, et l’inspiration – ou la respiration – ou enfin l’enfantement qui engendre le poème (comme nous le fait comprendre l’éditorial de Martine Morillon-Carreau, très inspiré lui-même, en embrassant du coup la totalité du numéro). Nous retenons tout particulièrement le très « juste » portrait de Philippe Jaccottet et de ce qu’il convient de désigner comme « poéthique », par Gérard Mottet, et, concernant le même Jaccottet, le décryptage du « parler bas » comme « moyen de sonder l’invisible, le fugace », par Bernard Fournier. Mais comment ne pas citer, comme un résumé de cette vieille problématique, le mot de Gérard Mottet à la fin de son essai Aux sources du poème : « Le poète en cette affaire est-il autre chose que l’assistant d’un poème en train de naître ? ».
Par ailleurs, nous lisons avec délices l’entretien avec Anne Mounic, poète, nouvelliste, essayiste, revuiste, peintre, les lectures d’Alain Duault (sur Colette Thomas et André Velter entre autres) et sur Alain Duault (par Martine Morillon-Carreau), l’entretien de Jacqueline Persini avec Patrick Joquel, les poètes réunis dans la section Poésie plurielle (dont Laurent Grison, traduit en allemand par Eva-Maria Berg), les notes de lecture (dont celle d’Anne de Commines sur le grand poète-philosophe roumain Lucian Blaga, Éloge du sommeil, traduit par Jean Poncet, Jacques André éditeur, décembre 2020).

Béatrice Libert : Bonjour, Gérard. Je ne m’étais pas rendu compte que vous étiez l’auteur de ce superbe article “Aux sources du poème”, que je viens de lire minutieusement. Félicitations ! Vous dire que je me sens très proche de votre analyse. Il m’est arrivé de tenir de semblables propos. Juste une chose que j’aurais envie d’ajouter, si je puis me le permettre – et l’on en parle rarement :  pour que poème soit, il faut une manière nouvelle, inédite. La prose répète, la prose bégaie même !! Le poème, non. C’est à cela que l’on reconnaît un ou une poète authentique: il ou elle a une voix et une manière de dire qui n’appartiennent qu’à lui ou à elle. Le poème est le lieu où tout renaît, unique et jamais dit. Sans cela, pas de création. Je ne vous apprends rien, bien sûr. C’est pourquoi le slam et autre rap ne relèvent pas de la poésie: stéréotypes et resucées y abondent. Ceci n’engage que moi… Merci encore pour cette synthèse que je ne manquerai pas de partager avec les participants de mes ateliers.

Colette Gibelin à Gérard Mottet : Ce numéro de Poésie Première est dans son ensemble particulièrement intéressant : ton article sur des mots et des images, pertinent et éclairant.
Mais aussi ton article sur Philippe Jaccottet, que, coïncidence, je suis justement en train de relire.
Et puis le très intéressant dossier de Bernard Fournier sur Marc Alyn, que je connaissais mal.
Bravo à vous tous pour ce numéro. Poésie Première me semble décidément une des meilleures revues de poésie actuellement, et peut-être la meilleure.
Beaucoup de grands noms ici : Jacques Ancet, qui est un poète que j’apprécie hautement depuis longtemps.
Mais il faudrait presque tout mentionner.

Alain Duault : votre dernier numéro est encore une fois une réussite : j’hésite car j’ai un peu l’impression de me répéter, mais tout l’ensemble sur “L’image la poésie” est vraiment passionnant, et Gérard Mottet est décidément un pilier de votre revue ! Le prolongement de sa réflexion par la mise en perspective de l’écriture de Jaccottet dessine ainsi un parfait contour/contrepoint : superbe ! Et le juste hommage à Marc Alyn (avec quelques beaux poèmes neufs) est tout aussi bienvenu. Ou le salut à Vénus Khoury-Ghata. ou la réflexion de Jacqueline Persini sur l’art, en particulier à propos de Bacon. Et puis les poèmes à découvrir de Claude Cailleau, de Claude-Raphaël Samama, de Sonia Zin El Abidine, tout est vraiment d’une tenue haute. Bravo !

Michèle Duclos : 80 me parait le numéro le plus réussi, d’abord parce que richement uni autour de la poésie francophone très récente ou actuelle et parce qu’illustrant le développement sur plusieurs numéros d’un lien conceptuel, celui de la poésie dans ses constituants – relation à la pensée, à la musique, ici les images. Il est bon pour une revue d’avoir une finalité poursuivie d’un numéro à l’autre, créant une attente. Celle-ci propose (actualité mortuaire oblige…) des poètes de premier plan, mais aussi, là aussi avec un suivi, des poètes destinés à y parvenir comme Monique W. Labidoire, servis  par un suivi d’essayistes (je n’aime pas « critiques » parce qu’il ne s’agit pas de « critiquer »). Il me semble que là aussi P/P  dispose d’un riche corpus de ces analystes. Qui écrivent une langue simple, précise et d’autant plus efficace.
Bonheur d’avoir envie de lire davantage  Jaccottet, Noël et de découvrir Marc Alyn, célèbre inconnu aux superbes images naturelles pour dire la vie de l’âme et donc aucune ne semble forcée, disant la joie de cette âme : « Mille alphabets germaient au fil de mon sommeil » (tiens, Rimbaud ?) ; « chaque lettre, une graine ; chaque image, le ciel ».
Les divagations vertes de Ponge me paraissent très surréalistes.
Et au-delà de l’art et de son rapport à la vie et la mort, je conclurais volontiers comme  Jacqueline Persini : « Il y a aussi la beauté pudique des arbres, des fleurs, des rochers ».

Sandrine Daraut :  J’ai enfin pu consulter ce véritable petit trésor de parcours que constitue le numéro 80 de la Revue.
J’ai plus précisément apprécié cette poétique sans artifice, où l’on va chercher au plus près – au plus profond – l’origine de l’image. La rigueur est plus que manifeste.

Irène Clara (Revue Florilège) : Le numéro 80 de Poésie / première comporte un important dossier sur Marc Alyn, un hommage à Bernard Noël, des articles sur Philippe Jaccottet, Monique W. Labidoire, Christèle Wurmser, Francis Ponge, deux entretiens avec Vénus Khoury-Ghata, et Frédéric Tison et des pages de moments poétiques signées Claude Cailleau, Claude-Raphaël Samama, Sabine Alicic et d’autres poètes à l’écriture incisive. Dans un troisième volet dédié à la présentation de vingt livres, les lecteurs de Florilège retrouvent une présentation de la dernière œuvre de Stephen Blanchard Effleurescences.
Qu’il s’agisse d’Alain Duault, Jacques Ancet, Bernard Fournier ou Gérard Mottet, le directeur de la revue, qui publie ici deux essais remarquables sur le rapport entre mots et images d’une part, et d’autre part la poésie de Philippe Jaccottet, article sous-titré L’image inquiète, la qualité des auteurs ayant contribué à l’élaboration de ce numéro ne fait pas de doute. La grande question abordée dans son éditorial par Martine Morillon-Carreau, qu’est-ce qui nous fait mieux coïncider avec nous-mêmes et le monde, la parole ou l’image, débouche sur ce constat : « L’important étant que les mots sachent faire image – et vice versa – afin que les textes puissent, en les images suscitées, devenir prétexte à penser, imaginer, rêver ; et pourquoi pas, tout simplement, jubilatoire et poétique pré‑texte ». Un numéro incontournable.

Michèle Duclos : J’écris après réception et surtout lecture du 81 longtemps attendu ! Avec, comme les précédents, la poursuite d’une ligne directrice ferme et dont le thème surprend au départ car j’associe plus facilement poésie et musique, même si nombre de poèmes ont dû célébrer peintres et tableaux… mais le plus nouveau pour moi est le rapprochement contemporain des techniques par les deux types de créateurs – du signifié au signifiant ? Surtout chez les cubistes qui découpaient de conserve désormais autrement le monde extérieur (et intérieur) et la prosodie. Intéressant aussi de rappeler que des poètes – Gérard Mottet. et Martine Morillon-Carreau – peuvent aussi être d’excellents pédagogues clairs et précis ; Intéressant aussi que le premier texte soit suivi d’un beau texte plus elliptique (Alain Duault). Bien sûr le très beau texte – la riche langue, sur les Jardins-Femme (Marilyne Bertoncini) qui invite aussi à en chercher d’autres ; Colette si proche de la réalité sensorielle… D’autres beaux textes mais qui inviteraient à se tourner vers les auteurs qu’ils présentent : JM Maulpoix ; Michaux et Zao-wou-ki. Intéressant aussi et utile : pressentir de futurs grands (rôle et supériorité des revues sur de futurs volumes) et : rappeler des noms oubliés (Maurice Chapelan).

Jean-Louis Bernard à Gérard Mottet : Cher Gérard, je viens juste de terminer ton étude sur les rapports entre peinture et poésie. C’est une mine qui devrait être mise entre les mains (et l’esprit…) de tout peintre et/ou poète désireux d’aller un tant soit peu au-delà des apparences. Sans parler de l’érudition qui se fait jour à chaque page, le lecteur est transporté dans une immense chambre d’échos où se répondent sans cesse les deux arts, où l’espace du tableau et le temps du poème s’entrecroisent, où poètes et peintres cités semblent échanger leurs œuvres pour en devenir, in fine, auteurs. Peut-être tout cela n’est-il, au fond, que question de regard… En tout cas, une étude de base, à mon humble avis…

Marc Bergère (peintre-encreur) : Ce numéro est vraiment une réussite ; j’ai feuilleté et picoré avant de me lancer dans l’article introductif de Gérard Mottet qui est une formidable somme !!!

Revue Décharge : Les “Femmes-jardins” se donnent rendez-vous autour de Marilyne Bertoncini dans la revue Poésie / Première n°81, élue “Revue du mois” pour février par Jacques Morin, à la Une du jour sur le Magnum : www.dechargelarevue.com. Les rapports entre Peinture et poésie y sont examinés par Gérard Mottet, et Maurice Chapelan nous est présenté par Bernard Fournier. Maintes autres découvertes à faire sous les signatures notamment d’Alain Duault et de Martine Morillon-Carreau.

Présentation et analyse par Jacques Morin et Claude Vercey (www.dechargelarevue.com) : Après un édito synthétique de la rédactrice en chef Martine Morillon-Carreau, on plonge dans le dossier passionnant de la livraison : peinture et poésie, grâce à un article signé Gérard Mottet.
Il remonte jusqu’à nos ancêtres du paléolithique et met en avant leur aspect commun, à savoir l’imitation. Il s’arrête ensuite au XVII° siècle avec la rupture que sera la Querelle des Anciens et des Modernes. L’imitation d’un côté contre l’invention de l’autre, et l’imagination créatrice. Les peintres du XVIII° chercheront ce qui peut « émouvoir plutôt qu’impressionner ». Citation de Diderot : Les mots sont les couleurs dont le poète se sert. Le Romantisme réunit Hugo et Delacroix. Puis Impressionnisme pour la peinture et symbolisme pour la poésie forment mouvements parallèles. Puis c’est l’émergence de tout un ensemble de mouvements en -isme autour de la Grande Guerre. Les amitiés se tissent entre peintres et poètes. Il est question de « livres d’artistes ». Apollinaire va expérimenter les calligrammes. Gérard Mottet termine son intéressante étude après le surréalisme sur quelques poètes majeurs comme Reverdy, Char ou Tardieu. Au final, c’est l’imagination qui a poussé des deux fers quel que soit l’art ou la pratique. Ensuite Alain Duault prolonge le thème : la peinture fixe l’instant, la poésie en assure la transhumance. Et s’intéresse en particulier à Modigliani en écrivant dans son poème « Nus » : …y a-t-il / Plus beau paysage que la nuque d’une femme courbée / Sur son sommeil… 
Jacqueline Persini donne un poème où ses mots sont mêlés à ceux du peintre Pierre Delcourt. : Ta peinture, ce n’est pas toi / mais l’inconnu de toi, / de nous / qui, à peine approché / se dérobe. La poésie de Myriam Eck introduit une encre de Marc Bergère. Dominique Zinenberg étudie 8 lectures d’Henri Michaux du peintre Zao Wou-Ki, ce qui est un peu compliqué sans les lithographies.
Ensuite Marilyne Bertoncini donne le dossier du n° : Les Jardins-Femme. Étude à la fois littéraire et pertinente. En prenant appui sur Nerval et Zola. Le jardin, par sa configuration évoque ces parterres brochés des châteaux du Grand Siècle… Puis Jean Cocteau et Lucie Delarue-Mardrus (appartenant au Romantisme féminin), enfin Colette (jardin d’en haut, jardin d’en bas de Saint-Sauveur) et Pascal Quignard.
Alain Duault continue son parcours de Lectures et connivences avec cette fois Jean-Michel Maulpoix en étudiant ses recueils avec sagacité. Deux citations : Au plus près de ce qui se dérobe. Et La poésie met la langue en état critique.
Bernard Fournier nous fait découvrir Maurice Chapelan (pseudo Aristide) (1906-1992) grâce à un gros bouquin universitaire écrit en anglais sur la linguistique ! Avec une langue à la fois savante et pimentée. J’écris pour me surprendre, c’est-à-dire à la fois pour me découvrir et m’étonner.
Martine Morillon-Carreau analyse pour mieux appréhender son parcours le premier volume de l’œuvre critique de Jacques Ancet « Les voix du temps » sur Don Quichotte, Jean-de-la-Croix, Gongora, Quevedo, puis Rimbaud et Mallarmé.
Suivent les poèmes : entre autres Henri Perrier Gustin : Respiration lente, peser les mots / au trébuchet de l’identité. Françoise Vignet : L’ossature des arbres, noirs sur un ciel nu – et le couchant laiteux au loin. Règne du morne. Avant les nombreuses notes de lecture finales.

Francopolis : Ce nouveau numéro porte en filigrane le thème de l’association peinture-poésie, auquel Gérard Mottet consacre un essai aussi fouillé en termes de documentation qu’inspiré et inspirant. S’y relient également les analyses critiques de Dominique Zinenberg sur Michaux en regard avec Zan Wou-Ki et sur le jeune Proust écrivant sur Chardin et Rembrandt, de Jaqueline Persini sur Pierre Delcourt, ou enfin, de Marilyne Bertoncini sur les « jardins-femme » – vaste et étonnante incursion dans l’histoire littéraire et artistique d’un motif mythique, devenu aussi esthétique, érotique, voire mystique : celui du jardin d’Eden, vu au féminin… Mais le numéro nous fait (re)découvrir aussi des auteurs restés un peu dans l’ombre – Jean-Michel Maulpoix, par Alain Duault, Maurice Chapelan, par Bernard Fournier – ou des aspects inédits d’un auteur – les essais critiques de Jean Ancet, révélés et commentés pertinemment par Martine Morillon-Carreau.
Enfin la poésie est à l’honneur avec entre autres, Françoise Vignet, Chem Assayag, Eva-Maria Berg, Francis Gonnet, Christophe Pineau-Thierry, Martine Rouhart. Parmi les auteurs chroniqués dans les notes de lectures, signalons Françoise Trocmé, Michael Krüger, Eva-Maria Berg, Jean-Louis Bernard, Béatrice Marchal, ainsi que la note dédiée à la revue Spered Gouez éditée par Marie-Josée Christien

Voir aussi l’excellente présentation de ce numéro que fait Rémy Soual sur le site de la revue en ligne Recours au Poème, dont voici les premières lignes.
« Ut pictura poesis », la formule initiale d’Horace, relatant les alliances entre la poésie et la peinture, traduite soit par « La poésie est comme la peinture », soit par « Il en va de la poésie comme de la peinture », se trouve au commencement de ce fil déployé, en tissage des relations entre ces deux arts respectifs, tant dans les lectures et réflexions que dans les créations et autres poèmes. C’est ce parcours que se propose de tracer l’article liminaire de Gérard Mottet, mettant en exergue la citation de Léonard de Vinci au cœur de sa pensée : « La poésie est une peinture qu’on entend au lieu de la voir », l’histoire d’une connivence intime entre les deux champs d’où semble s’élever un même chant à l’unisson ! 

Alain Duault à Martine Morillon Carreau : Enfin je trouve le temps de répondre à l’envoi du 82.
Qu’il soit toujours aussi passionnant est devenu un pléonasme !
J’ai particulièrement apprécié ton édito – d’abord du fait de ta fine analyse de mon vœu au goût d’art poétique (“Je voudrais écrire des poèmes au goût de foudre lente”) que tu rapproches fort justement d’Héraclite et du surgissement du poème.
Et puis, bien sûr, le texte de Gérard Mottet est d’une clarté lumineuse, et éclairante. Sa réflexion sur la “phusis” implique en fait au cœur de l’écriture poétique une notion d’énergie, de mouvement, en opposition à la contemplation classique : la “nature”, si l’on s’en réfère à cette origine est donc active; elle n’est ni distraction ni réaction, elle est action. Et tous les poèmes et poètes cités par Gérard en apportent la preuve, jusqu’à Perse bien sûr mais le mouvement continue – et c’est heureux !
C’est pourquoi en effet il faut être du côté d’Orphée, de sa voix et de sa lyre, pour être partie prenante de la Nature.
Gérard écrit d’ailleurs très justement que “la nature est tout à la fois poème et poète” : c’est l’action, le souffle (l’anima latine) qui donne son existence à la nature dans le poème.
Pour le reste, beaucoup de belles lectures (Tancelin, Zinenberg) mais un dossier sur la “géopoétique” peut-être un peu long et parfois redondant – même s’il y a de belles pages et d’intéressantes perspectives de réflexions (autour de Kenneth White entre autres bien sûr). Eclairante encore la suite de ton article sur Jacques Ancet pour la réflexion que tu y apportes à ce qu’a toujours d’étrange le phénomène de la traduction – mais l’écriture, toute écriture est en fait une traduction infinie de nous-même dans notre langue, miroir qui ne cesse de tournoyer à l’intérieur et en dehors de nous.
Et beaucoup de beaux poèmes, Anne Barbusse, Claude Cailleau, d’autres, des hommages émouvants, des lectures  qui donnent envie… Oui, décidément, je me sens chez moi quand je lis Poésie/première. Merci !

Pierre Perrin : Très belle revue, bien pensée et structurée et très bien conduite. Numéro passionnant à venir. C’est là qu’on se sent comme un enfant. Je ne connais aucun [je veux dire je n’ai jamais lu un vers] des quinze poètes proposés dans la partie Poésie plurielle.
Et le site est d’une extrême clarté, un grand plaisir. Merci encore.

Francopolis : Dans la tradition des numéros thématiques, cette édition est dédiée à un sujet éternel : Nature et poésie, avec un éditorial de Martine Morillon-Carreau, un article de Gérard Mottet, suivi d’un texte de Philippe Tancelin : Indéfectible présence de la nature, et un essai de Dominique Zinenberg : L’unique poète de la nature. Suit un dossier sur la « géopoétique », discipline que tout poète pratique nativement… avec quelques plumes de prestige venues de différents horizons (Écosse, Bretagne, Chili, …), sous la coordination de Pascal Mora. Par ailleurs, Martine Morillon-Carreau poursuit (des numéros précédents) son exploration des « voix du temps » chez Jacques Ancet, dans « l’amitié des voix » évoquées ici (dont Unamuno, Reverdy, Borges, Ritsos).
Un groupage intitulé
 Créations (poésie) réunit : Anne Barbusse, Claude Cailleau, Alain Duault, Pierre Maubé, Béatrice Pailler, Ara Alexandre Shishmanian, Sonia Zin El Abidine.
Nous remarquons tout particulièrement aussi les Hommages, notamment à René de Obaldia, Michel Deguy, Anne Mounic, qui nous ont quittés ces derniers mois (en toute discrétion…). 
Enfin, de nombreuses chroniques et notes de lecture par les membres du comité de rédaction de cette riche revue, de grande tenue littéraire.

Revue Océanite n°2, avril 2023 :
Dossier consacré à la géopoétique dans la revue Poésie/première, numéro 82 de Mai 2022, sous la direction de Pascal Mora (auteur d’un article sur l’Amérique), avec les contributions de Norman Bissell (Présentation du Centre géopoétique écossais), Marie-Josée Christien (sur l’Atlantique dans l’œuvre de K. White), Michèle Duclos (recensions des ouvrages de K. White parus depuis un an), Miguel Laborde & Cazú Zegers (Présentation du Centre chilien de géopoétique) et Régis Poulet, qui livre dans l’entretien liminaire un extrait de son prochain essai à paraître et intitulé La Métamorphose d’un monde — une approche géologique de la géopoétique (Isolato), mai 2022

Michèle Duclos : j’ai passé un weekend très agréable sur mon balcon à lire ou parcourir P/P 83 – d’abord en suivant Alain Duault jusqu’à Kyoto… Le dossier sur Kathleen Raine m’a laissée un peu sur la faim indépendamment du beau texte de Claire parce que j’y retrouvais ce que m’avait apporté en plus ample son livre Le Voyage Poétique de Kathleen Raine (Harmattan 2014), à la différence d’autres lecteurs et j’espère de nombreuses lectures de découverte. J’ignore sa réputation actuelle en GB et celle de la Temenos Academy Review.
Je Tu Il … sans doute le Je ou Moi que nous pratiquons ou exposons n’est-il que la pointe émergée de l’iceberg ( voc.français?). Page.18 « ne pourrons-nous jamais …vrai visage » : c’est le souhait de K Raine !
Je/Tu ; dans ma note p.98 sur Mounic au sujet de Nerval, j’essaie de montrer comment elle comprenait cette relation – spirituelle et pour moi éthique.
A suivre peut-être en reprenant plus lentement tous ces textes et les autres

Pierre Perrin à Gérard Mottet : Merci pour la belle place que tu m’as accordée dans ce n° 83 de Poésie/première. Tes réflexions sur la poésie sont toujours riches et profondes. J’ai goûté que tu évoques la fonction première de la poésie, « la parole des dieux », qui devrait faire s’interroger certains qui écrivent pire que des clochards… C’est toujours la même chanson-caviar. Il faut faire peuple.
J’ai apprécié aussi que tu rappelles : « qui osera nier l’infinie subjectivité enfermée dans le langage ? »
Chez Frédéric Tison, l’emploi des « ciels » m’a un peu amusé. Quant à ta réponse en vers, elle témoigne d’un éloignement, d’un retrait. « Ne serons-nous jamais […] que métaphores les uns des autres ? » Je ne sais. Toutes les voix se ressemblent, écris-tu encore. Et pourtant tu sais comme personne les dénouer, les voix, se déjouer de leurs ruses, en pénétrer le sens intime.  Je découvre que ton article est particulièrement copieux et généreux. 
Je me réserve pour la lecture du dossier consacré à Kathleen Raine, que je connais mal. 

Francis Gonnet à Gérard Mottet : J’ai trouvé très intéressant ton dossier sur le «  Je, Tu, Il ». Belle réflexion avec des références très riches et fouillées. Merci.

Francopolis :
Extrait de l’édito de Martine Morillon-Carreau, posant la question de l’identité de la voix poétique – « le proférant (pour ne pas dire le prophète) … non seulement anonyme, mais comme surgi de la seule voix de l’humanité entière » :
« Qui parle en effet au poème, à travers les  je / tu / il / nous, voire l’indéfini on, ces pronoms, grammaticalement nommés personnels ? Telle est, aussi ancienne que très contemporaine, la problématique animant nombre des interventions du n° 83… »
Sélection du sommaire :Je / Tu / Il, essai par Gérard Mottet, et un échange avec Frédéric Tison ; Portraits : Pierre Perrin, entretien conduit par Claire Boitel ; Christian Viguié, propos recueillis par Alain Lacouchie ; Dossier : Kathleen Raine par Claire Garnier-Tardieu ; Carnets de Voyages (1) par Alain Duault ; Gravure et poème de Danièle Corre ; Au théâtre : Deux représentations de Cendrillon, par Bernard Fournier.
Poésie : Béatrice Libert, Anne-Marie Bernad, Marc de Dommartin, Christophe Pineau-Thierry, Philippe Mathy, Philippe Monneveux, Sabine Alicic, Éric Bouchéty, Édith Chafer, Charles Senard, Gérard Leyzieux, Vincent Gispert, Arnaud Vendès, Chem Assayag, Gaston Vieujeux, Anne Bihoreau, Christophe Schmit, Éline Guez, Christian Moroy, Patrice Blanc.
Notes de lectures sur (entre autres) : Luc-André Sagne, Anne Mounic, Richard Rognet, Alain Duault, Eva-Maria Berg, Mathias Lair, Gaëlle Josse.

Alain Duault à Martine Morillon-Carreau :
La différence entre les chapitres “Moments poétiques” et “Poésie plurielle” ne saute pas aux yeux… Je ne trouve pas très utile de publier un seul poème de gens (dont par ailleurs on ne sait rien : il manque une brève notice de présentation). Ce qui n’empêche pas de discerner, ici ou là, une voix (Philippe Mathy et son Carnet de Corrèze, qui semble faire écho à Soulages, ou Chem Assayag) mais, justement, on aurait envie de prolonger le chemin avec ceux-ci !
En fait, comme d’habitude, le début du numéro est passionnant (ton édito est particulièrement riche, en particulier par cet hommage simple et fort (le “mot saxifrage”!) au cher Michel Deguy … Et ton poème, concentré, tendu, beau, est au coeur du sujet !
Et puis, bien sûr, le texte de Gérard, cette belle réflexion sur le jeu du “je” – avec le rappel de la célèbre phrase d’Hugo : “Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous”. Et le développement qui, du je, au tu, au il, devient une rumination passionnante. Décidément c’est un pilier de P/p.
Et quel bonheur de lire (enfin !) quelques poèmes de lui – en écho à sa belle Suite nocturne, en “sonnet augmenté”, de Diérèse 85.
Et, in fine, les notes de lecture toujours passionnantes, toujours écrites – avec pour moi le plaisir grand de ta lecture de mon dernier opus, avec cette manière d’aller à l’essentiel, au cœur, avec un triple tempo : analyse/synthèse/empathie. Merci ! 

Colette Gibelin  à Gérard Mottet : j’ai reçu, et lu avec un grand plaisir, le dernier Poésie Première. C ‘est un numéro très réussi, avec beaucoup de contributions intéressantes, et il porte, tu l’analyses avec acuité, sur un thème qui est au cœur même de notre existence, car le voyage, qu’il soit symbolique ou réel, qu’il soit dans l’espace ou dans le temps, s’inscrit dans notre identité.  Nous sommes, par choix ou par nécessité, fondamentalement des nomades.
J’ai lu aussi dans ce numéro ta note de lecture sur “Une entaille de soleil dans la nuit“, et je t’en remercie vivement. Elle me touche beaucoup.

Alice-Catherine Carls : Fabuleux numéro, chaque page est une joie. C’est très bien fait, d’un très haut niveau. BRAVO !

Alain Duault à Gérard Mottet et à son équipe : Quand il est paru, je ne vous ai pas dit tout mon plaisir à lire Voyage en poésie : c’est un magnifique numéro, intelligent, sensible, varié, goûteux, et ton texte liminaire est une des analyses les plus profondes que tu aies offertes ces derniers mois. Et la suite n’a pas failli : on se tient là à la proue de ce “beau navire” apollinarien! Les embarquements divers, de Ségalen à Cendrars ou à Michaux : oui, vraiment, on est à la crête.
Et puis des découvertes, dont cet étonnant Andrew Singer, que je ne connaissais pas. Dans Poésie plurielle aussi, quelques vers glanés ici et là. Tout cela indispensable, comme toujours.
Je viens de relire ton texte d’ouverture du Voyage en poésie : c’est vraiment passionnant.

Revue Décharge : La revue Poésie / Première n°85 sur le thème “Langage et poésie” est élue “Revue du mois” par Jacques Morin, à la Une du jour sur le Magnum : www.dechargelarevue.com. 

Nicole Touret à Gérard Mottet : comme le plaisir fut grand, pour moi, de recevoir votre revue hier matin !
Poésie première, que je découvre, est riche de tellement de réflexions, de points de vue, d’œuvres de toutes sortes, que je suis très impressionnée. J’ai découvert les travaux d’Alain Lacouchie, que j’aime particulièrement. Son imagerie est joyeuse, claire et percutante. Quant aux textes, je vais me plonger dedans avec délice.
La quatrième de couverture me convient très bien. La correspondance qui se noue avec les lignes d’Yves Bonnefoy est très pertinente ; la douceur apparente est menacée par les braises ?
Félicitations pour cette nouvelle pièce à l’édifice que vous construisez avec passion.

Dominique Zinenberg : à peine reçue, j’ai déjà lu plusieurs articles de la revue et les trouve tous passionnants !

– Pierre Thibaud à Gérard Mottet : J’ai commencé à lire votre numéro sur le langage. Il est magnifique par la profondeur des analyses et  la diversité bienvenue des approches. 

Colette Gibelin à Gérard Mottet : le dernier numéro de Poésie Première, sur le langage, est passionnant. J’ai particulièrement apprécié ton article, d’une grande clarté, (chose rare chez les philo­sophes… mais tu es aussi poète), ce qui n’exclut en rien la pertinence des analyses.

Francis Gonnet à Gérard Mottet : je viens de terminer la lecture du n°85. Encore un numéro de qualité, très équilibré entre les différentes rubriques. Le thème et les articles sur le langage m’ont beaucoup intéressé, dont le tien. J’apprécie aussi les interviews qui donnent un aspect vivant. Félicitations à toi et toute l’équipe pour ce beau résultat

Alain Duault à Gérard Mottet : Ce numéro 85 est absolument passionnant, en tout cas dans son premier tiers avec les textes réunis autour du thème central.
Ta méditation sur le langage poétique est‌ profonde, argumentée, riche de perspectives. Oui, le langage poétique est une invention du langage, à l’écart du dénotatif, qui comme la mer est toujours en mouvement (comme la musique est une invention à l’écart des sons du réel) : c’est cette invention de et dans la langue qui constitue le langage poétique. C’est-à-dire que le poète accouche la langue. La citation de Badiou est de ce point de vue d’abord intéressante mais, comme souvent chez lui, inscrite dans une volonté de paradoxe qui se retourne sur lui-même : car le poète est assurément “celui qui tente de faire dire à la langue” autre chose que ce qu’elle croit dire – mais pas “ce qu’elle parait incapable de dire”! C’est bien parce qu’il n’est pas poète qu’il peut écrire cela! Alors que tu as, toi, tout à fait raison d’écrire que la parole poétique “ressemble à un rêve”, c’est-à-dire que, en effet, “le sens est toujours ailleurs”. Tout ton paragraphe (p 8) est au coeur de la question. C’est d’ailleurs pourquoi le cadre de la ponctuation, annulé par Apollinaire dès Alcools, tend à disparaître de la poésie contemporaine, car le “rêve” ne peut pas s’accommoder du corset de la ponctuation (fut-ce à le réintroduire parfois pour faire insister un rythme). Et, logiquement, le supplément connotatif du langage poétique subsume les mots en même temps qu’il les dépasse. C’est bien pourquoi la langue poétique est une langue en tension, une langue qui fait irruption dans la parole, une langue ardente que le langage poétique enfourche comme un coursier quand il veut chevaucher à l’aveugle, à l’extrême, à travers la plaine du sens.
Mais, de ce point de vue, les affirmations de Heidegger et de Derrida me paraissent, comme pour Badiou, le symptôme évident qu’ils ne sont ni Parménide ni Nietzsche, c’est-à-dire qu’ils n’ont jamais éprouvé ce que recèle de puissance le langage poétique – l’écriture automatique, conséquence logique de ce qu’écrit Derrida, figurant cette limite pour eux infranchissable alors qu’elle n’est qu’un pis-aller! Il ne faut absolument pas “laisser parler toute seule” la parole : il faut au contraire avaler la langue, la mâcher longuement, la ruminer pour mieux la recracher autre! Mais c’est toi qui définis le mieux l’enjeu : “Les mots du poème s’aimantent et s’agglutinent entre eux de manière à former une continuité résonnante, dont le rythme est celui d’un chant davantage que celui d’une syntaxe logique” : je souscris absolument à cette phrase! Bref, j’ai été passionné par ton texte.
J’ai beaucoup aimé aussi celui de Barbarant, sa juste observation de la dichotomie langue/langage. Et regretté seulement, chez un esprit de son niveau, cette facilité de l’apostrophe “une espèce de Bayreuth de tribune” : c’est non seulement une facilité, ce que j’appellerais un “populisme” linguistique, mais c’est surtout une méconnaissance de Wagner dont l’invention, chez lui aussi, a révolutionné le langage musical, ne serait-ce que par l’apport du chromatisme dont l'”accord de Tristan” est l’assomption!…
Les textes de Dominique Zinenberg, Jean-Louis Bernard (avec cette belle citation de Marina Tsvetaeva sur la résonance) et Édouard Pons, éblouissante leçon sur ce que la traduction apporte au langage poétique, fut-ce en le déportant, montrant combien la poésie est une “traduction” de notre langue intime dans la langue globale, sont d’un même très haut niveau : ces 30 pages sont vraiment admirables.
Bien sûr, le reste contient aussi de belles pages, des portraits-interviews, des compte-rendus précieux, des poèmes aussi (merci pour lui d’y avoir intégré les textes de ce Phil Omsil que je trouve fort intéressants), ceux de  Béatrice Libert ou de Dominique Zinenberg (qui semble faire écho à sa réflexion sur le langage) ou encore de Luc Marsal…
Je suis vraiment emballé par ce numéro, bien ouvert par l’édito de Martine qui, comme toujours, sait synthétiser et projeter en avant, dessiner des lignes de réflexion, comme une main à saisir pour continuer d’écrire. Vous pouvez toutes et tous être fiers de ce beau numéro : c’est avec de tels volumes qu’on peut encore croire en un matin au moment où le crépuscule nous englue…

 Jacqueline Saint-Jean : Poésie/première, toujours de haute tenue, nous offre un numéro très stimulant sur Langage et poésie
Il nous donne d’abord matière à réfléchir, à s’interroger, avec l’article toujours très approfondi de Gérard Mottet, auquel réagissent Olivier Barbarant, Jean Louis Bernard et Dominique Zinenberg.
Puis à goûter l’article passionnant d’Edouard Pons sur traduire réinventer
Voyager, savourer le Delhi soie et silence d’Alain Duault.
Suivre les chemins de vie et d’écriture de poètes connus, Danièle Corre, Jean-Louis Clarac et Gilles Lades, grâce aux entretiens menés par Bernard Fournier et Alain Lacouchie. 
S’ouvrir au théâtre vivant avec Bernard Fournier
Se laisser troubler par le regard du nouvelliste, Antoine Colavolpe, sur la dentellière de Vermeer 
S’associer en silence aux hommages à des poètes disparus, Alain Lacouchie, Henri Heurtebise, Jean-Pierre Thuillat, Luis Mizon, Christian Bobin.
Découvrir des poèmes, vibrer à ceux qui nous parlent, des revues, des éditeurs, sans oublier 15 pages de notes de lecture
Bref, de quoi attendre le prochain numéro avec appétit !

– Dominique Zinenberg (Revue en ligne Francopolis)  
   Le numéro 86 de la revue Poésie/première vient de paraître. Son thème majeur est LE LYRISME. Gérard Mottet ouvre le bal avec une vision panoramique et synthétique sur cette thématique ; puis la réflexion se poursuit avec un riche dialogue entre Gérard Mottet et Bernard Fournier, fervent défenseur du lyrisme en poésie. Les réflexions de Colette Gibelin renforcent l’idée que la poésie est un chant qui ne sépare pas le personnel de l’universel. Avec Martine-Gabrielle Konorski, on plonge dans l’œuvre de Rachel Blaustein (1890-1931), poète née en Russie, dont la famille s’installe en Ukraine. Elle fuira les pogroms, s’installera en Palestine, apprendra l’hébreu. Hasard temporel, cette étude de M.G Konorski coïncide avec les événements tragiques qui viennent d’avoir lieu en Israël.  La voix singulière de Rachel Blaustein allie sensibilité, souffle romantique, souffle révolutionnaire et souffle biblique et pourtant elle creuse un sillon de « lyrisme retenu » ; or cette notion, concrètement mise en exergue par ce portrait de femme indépendante et à bien des égards, exceptionnelle, semble le fil secret des différentes facettes du thème sur le lyrisme. Ainsi dans les Portraits menés par Martine Morillon -Carreau concernant d’une part Jean-Claude Albert Coiffard, d’autre part Philippe Mathy et dans le portrait « conduit par Pascal Mora » sur le poète Didier Ayres, il est question pour tous trois d’une recherche poétique où la musique et la justesse, la sobriété et la retenue mais aussi le dépassement de soi, s’allient.  
   Un large dossier est consacré à Pierre Perrin : six contributeurs y participent sous la direction de Claire Boitel : Jean Pérol, Gérard Mottet, Murielle Compère-Demarcy, André Ughetto, Marie-Josée Christien, Éric Brogniet.
   Trois critiques dont la mienne concernent le dernier recueil de Danièle Corre Ces ombres qui nous peuplent (La Feuille de thé, 2023) : elles rejoignent le fil secret de « lyrisme retenu ».
   Nous lisons avec plaisir la très belle recension de Martine Morillon-Carreau sur Le ciel jaloux des roses d’Alain Duault (de même qu’on lit son édito, lumineux, avec un plaisir gourmand, apéritif)  et l’article de Pierre Thibaud « De quoi parle le poème ? » dans lequel il explique que « L’aventure poétique est une aventure à trois personnages : le poète, le monde, le langage. » Il montre le caractère subversif de toute poésie, du décentrement qu’elle opère, « La poésie ne nous donne accès au monde que sur le mode paradoxal d’une proximité distante, d’une présence-absence » ce qui conduit Pierre Thibaud à considérer la poésie comme transcendance.
   La revue propose une nouvelle « La petite dame » écrite par Irène Krassilchik, la rubrique « Moments poétiques » où l’on prend plaisir à lire, entre autres, deux poèmes de Mireille Diaz-Florian et dans « Poésie plurielle » : Philippe Leuckx, Bernard Grasset, Sylvestre Clancier par exemple.
   Jacqueline Saint-Jean rend hommage à Michel Cosem, Jacqueline Persini à Werner Lambersy et Bernard Fournier à Anise Koltz. Des pages 106 à 123, nous trouvons les fameuses notes de lectures consacrées aux récents recueils de poèmes comme d’habitude.
   Comment ne pas être lyrique pour recommander la lecture de ce numéro si divers et en même temps si cohérent et dont les poèmes inédits et assez nombreux comblent notre soif de poésie ? 

– Jeanne Orient (Le Livre des visages, 23 octobre 2023)
« Va mon livre, ne meurs pas… »
J’en viens à ce magnifique numéro de septembre de Poésie/première [n° 86] sous le signe du lyrisme. Chaque contributeur a donné « sa version » de ce mot que nous utilisons parfois pour dire «un peu trop ». Pourtant le lyrisme en poésie, en écriture c’est peut-être écrire le plus intime de soi. Ce qui perle sur la peau, ce qui se crie en silence. Martine Morillon-Carreau consigne à la fin de son édito : « Sans évidemment prétendre à une quelconque exhaustivité concernant la récurrente et brûlante question du lyrisme poétique, ce numéro offre les passionnants témoignages d’une poésie en train de se vivre, s’écrire, se penser : la modeste ambition peut-être, d’un atelier, voire d’un alchimique creuset, œuvrant à l’or du temps. »
Le dossier consacré à Pierre Perrin, au lyrisme de Pierre Perrin rassemble les articles suivants : Sur le ring du poème, Jean Perrol ; Du vécu au vivre, Gérard Mottet ; Le cri retenu, Murielle Compère-Demarcy ; De hautes terres en poésie, André Ughetto ; Une torche à la main, Marie-José Christien ; L’homme poétique, Éric Brogniet ; tous ces articles on été collectés par Claire Boitel.
Nous retrouvons Pierre Perrin, les mots obsédants de Pierre Perrin : Tenir, froid, terre, cri, hache, lumière, temps, déchirure… Ce dossier constitue une sorte d’anthologie où chacune, chacun apporte son regard, son témoignage sur Pierre Perrin qui aura toujours écrit dans l’instant et dans l’intervalle. Il écrit Pierre dans ce creux qui se forme et qui est la déchirure du mot. Il est partout, porteur du Cri. Il est surtout dans ces *Jours de pleine terre*, son livre fondateur, le livre de sa vie… inachevé, recommencé, inachevable. Il y mêle sa rage, son enfance blessée, son espoir de lumière, son exigence de la langue, du mot juste, sa lassitude, son espoir encore, l’amour…
Combien peut-être, le mot qui revient souvent dans ce dossier, est celui qui le caractérise le plus et il est de lui. Il est dans son poème : Tenir. « Le tout est de tenir, debout, dans la prison de lumière. »
Lire Pierre Perrin, semblent dire tous les contributeurs de ce dossier, c’est être face à lui. En face de lui. Sur le « Ring du poème ». Il pourrait perdre, être K.O, mais ce n’est pas son souci. Lui veut juste se relever à chaque fois. Pour dire encore  que l’entaille de l’enfance ne s’est jamais refermée.
Pour dire sa rage, son identité à lui, l’identité de son poème : « Je n’écris pas pour vivre. Je vis pour écrire. » Et il se relève encore et encore jusqu’à plus de voix et il dit encore et encore : « Si le bonheur n’existe pas Poème au poing, l’amour debout, nous ferons tout pour l’inventer. »
Alors oui, si c’est tout cela qu’être lyrique, Pierre Perrin et son poème sont lyriques. Incontestablement ! Et nous remercions toutes celles et ceux qui ont constitué ce dossier dans Poésie/première. Il faut encore et toujours des preuves. Il faut encore et toujours des témoins ! Des témoins des poètes et du poème !
Je ne saurais oublier les autres articles, les nouvelles, les autres témoignages sur d’autres poètes, d’autres poèmes. Dans ce numéro de Poésie/première, ils ont tous tenté de tamiser les mots pour ne garder que la poussière d’or, celle qui sera toujours particule lumineuse dans la nuit.

– Alain Duault à Martine Morillon-Carreau
J’ai trouvé à mon retour le beau n°86 de ma chère revue Poésie / première – que j’ai commencé à lire avec bonheur.
D’abord du fait du dossier sur le lyrisme, qui me concerne passionnément (cf mon livre La poésie, le ciel). Dommage d’ailleurs que nous n’en ayons pas parlé car j’aurais eu plaisir à y participer…
Mais tel qu’il est, il est vraiment passionnant – avec d’abord ce faufilage élégant de ton Edito qui parvient à tracer un chemin clair dans les buissons ardents des pages qui suivent : la rappel de Saint-John Perse et d’Orphée, le concentré de questions qu’ouvre ton premier §, entre ubris et azur : d’emblée le coeur battant est désigné.
Et tous les textes cousent ensuite le grand manteau du lyrisme, bariolé comme les costumes initiaux du Sacre du printemps de Stravinski – avec en son fronton la toujours passionnante analyse de Gérard Mottet, qui demeure un des plus forts piliers de cette revue à la haute exigence : son archéologie du lyrisme et les questions qu’il (se) pose me rappelle mes longues conversations avec Michel Deguy puis Jean-Michel Maulpoix, d’autant qu’il prolonge cette ouverture (au sens… lyrique) par l’approfondissant dialogue avec Bernard Fournier, l’autre pilier de P/p, qui se lit d’un trait avec l’envie de le relire, de l’écouter. Belle réussite de ces deux-là!
Et la suite est encore de haut niveau, de la lecture de Rachel (qui résonne de manière brûlante en ces jours de barbarie), au dossier Pierre Perrin (dont je lis toujours avec intérêt sa revue Possibles), tout comme tes deux entretiens avec deux poètes qui donnent envie d’être lus.
Mais bien évidemment, c’est ta lecture de mon Ciel jaloux des roses qui m’a aimanté : finesse de la méditation, empathie intellectuelle, avec des perspectives qui me ravissent (“lire, relire, relier”) et nombre de fulgurances de lecture, d’attention aux vers essentiels (“La vie est une partie jouée dans un jardin magique”), et puis une juste compréhension des rythmes intérieurs du livre, ceux du voyage où la mémoire retrouve ses marques, en Asie bien sûr, seul (Pierre Loti) ou avec un homme-énigme (Noureev), ceux du poème miroir de langue des “choses vues”, entendues, ressenties, ceux aussi de ces récits décalés, à Bayreuth en… 2026 (!) ou dans cet ailleurs de la mémoire où soudain la vie révèle son palimpseste (ce vieux couple qui s’habille pour mourir dans une sorte d’éternisation voulue de son amour). Quant à Hiroshima, où je suis allé, bien sûr, je n’ai rien pu écrire dessus, comme si j’étais écrasé par l’infini de l’horreur (le musée! ses photos! ses souvenirs matériels de la mort!). Et tu as tellement raison de questionner cette thématique du départ en l’orientant vers celle du partir. De Baudelaire à Pascal, je te remercie de m’installer en wagon de 1ère classe!
Un mot encore pour éclairer le poème terminal : il même comme tu l’as bien compris le miroir intérieur à une adresse à un autre – qui est un je, mais pas seulement : j’ai voulu ici filigraner dans ces figures du voyage ceux dont le voyage n’est pas un choix mais une douloureuse obligation, celle de  es migrants de toutes époques qui fuient parce qu’ils croient à un ailleurs meilleur…
Merci, grand merci, chère Martine, lectrice rare, pour ce beau texte qui résonne en moi.
Et bravo pour toute cette revue indispensable, essentielle, et avec laquelle on peut vivre. Merci.

– Alain Duault à Gérard Mottet
Quelle réussite – dont tu es, comme d’habitude, le pilier essentiel – de ce numéro autour du lyrisme ! Voici des années que j’y réfléchis moi-même : j’en ai eu des heures de conversations avec Jean-Michel Maulpoix, j’en ai écrit des pages nombreuses (in La poésie, le ciel) : c’est un sujet qui n’est pas épuisé ! Je suis sûr que, quand nous aurons enfin le loisir de nous croiser, nous en reparlerons… Merci encore.

– Clélie Lecuelle (lectrice) à l’équipe Poésie/première :
Je me permets de vous exprimer mon attachement, depuis un moment, à votre revue que je trouve très riche dans son approche animée et plurielle. Elle m’accompagne dans la vie. Elle ose la profondeur, elle n’hésite pas à saisir à bras-le-corps la complexité et la diversité des thèmes approchés.
Elle me nourrit par les édito (une véritable plongée), les dossiers, les hommages, les réflexions, les points de vue, les analyses, les contributions, le florilège de poètes divers (de belles découvertes, des voix qu’on décèle), les notes de lecture…
Vous ajoutez une pierre précieuse à un monde imparfait. On prend de la distance, du recul et on se sent grandir et on en sort grandi.
Pour ne citer que deux numéros, j’ai été marquée par ceux consacrés à «l’étonnement toujours » (n°72) et le dernier (n°86), au « Lyrisme ». Thèmes dont je me sens particulièrement proche et que je rapproche de mon cheminement et de mon écriture. J’y ai vu un éclairage et un émerveillement étonnants de sens, de mystères et de liens (une harmonie).
De manière plus générale, je vois une certaine correspondance entre ce qui habite votre revue papier et ce qui m’anime moi-même.

Colette Gibelin à Gérard Mottet : J’ai reçu hier Poésie Première. Encore un numéro particulièrement intéressant. J’ai trouvé ton article remarquable car tu analyses de façon très approfondie et très juste les différents rapports entre poésie et liberté. Je l’ai lu avec un vrai plaisir et j’adhère tout à fait à ce que tu dis. Et je trouve que de tels articles de fond, qui permettent la réflexion, sont pour beaucoup dans la qualité de la revue.
Je vais continuer à lire, j’ai déjà vu que les poèmes d’Alain Duault sont très beaux, mais je n’ai pas encore tout lu et quand ce sera fait je te reparlerai de tout cela.

Pierre Thibaud : Cher Gérard, j’ai relu ton magnifique article Poésie et Liberté qui réussit l’exploit de faire défiler en quelques pages toute l’histoire de la poésie. Ta synthèse est passionnante et je suis très admiratif.
 
– Revue Décharge : La revue Poésie / Première n°87 est élue “Revue du mois” par Jacques Morin : www.dechargelarevue.com. 
Poésie et Liberté, telle est la thématique de ce numéro. Les deux mots sont en quelque sorte des métaphores mutuelles. Chacun se reflète dans l’autre.
Après l’éditorial de Martine Morillon-Carreau qui détaille les différentes interventions. Gérard Mottet, remontant l’histoire, montre bien comment la poésie petit à petit « ne s’affranchit pas seulement des formes spécifiques d’expression …mais se libère également des fonctions même qui lui sont assignées”. Également cette citation d’Octavio Paz pour clore son exposé : La création poétique n’est rien d’autre que l’exercice de la liberté humaine.
À sa suite Isabelle Lévesque montre l’importance de plus en plus grande des femmes dans ce mouvement., jusqu’à Milène Tournier à présent. Monique W. Labidoire poursuit sur l’engagement poétique en s’appuyant avant tout sur deux poètes : Eugène Guillevic et Alain Duault. Martine Morillon-Carreau en parallèle étudie un poème d’Aimé Césaire, alors que Dominique Zinenberg revient sur la « servitude volontaire » et résume son propos par cet axiome : Le travail, donc la contrainte.
Alain Duault, dont il était question juste auparavant donne un poème fort sur l’Ukraine, poème amputé de son premier quintil qui lançait le texte. … C’est moi la guerre le grand trou d’or / Des bombes quand elles explosent dans les yeux ouverts… L’imaginaire d’Alain Duault est ensuite éclairé par une étude d’Hervé-Pierre Lambert où il est question de Noureev et d’Inde.
Suit un portrait du grand poète argentin Hector Berenguer par Pascal Mora : Aucune visage / n’est sur le visage / aucun lieu n’est le lieu / le zéro infini /ne tient pas dans zéro / aucun lieu n’est le lieu.
Autre portait : celui de Pierre Dhainaut par Dominique Zinenberg. Ainsi apprend-on que le poète écrit encore et depuis toujours ses poèmes à la main. Dans une autre existence, je choisirais d’être calligraphe. De même il confie que le titre est souvent réducteur et que le « je » encombre. Enfin il parle des son rapport aux peintres, voire aux poètes comme Isabelle Lévesque avec laquelle il vient de publier un nouveau recueil intitulé : « La troisième voix ». Ce livre fait l’objet d’une étude de Sabine Zuberek et j’avoue avoir été troublé et gêné par cette interprétation des prénoms : de Pi-erre à Isab-aile, que je trouve sans fondement, abscons, creux. On n’est pas loin du mysticisme aussi avec les propos recueillis par Jacqueline Persini de Marjan et Patrick Navaï…
Côté créations Wiliam Souny et Heidi Bata. Des hommages à trois poètes importants disparus il y a peu : Kenneth White, Jean-François Mathé et Frédéric Tison. Enfin notes critiques par pas moins de 14 lecteurs.
La revue part un peu dans tous les sens, mais il y a toujours des choses intéressantes à en tirer, c’est cette richesse qui prévaut.


– Alain Duault : J’ai enfin pu terminer de lire ce n°87 de notre Poésie/première : c’est un numéro exceptionnel. Parce que la thématique en est au nœud de cette explosion de la langue que figure la poésie.
Un salut d’abord à toi, Martine, qui donne le la dans cet éclat de silex entre langue et (désir de) liberté – d’où jaillit l’étincelle. Ouvrant ainsi à l’aventure de ce “regard incessamment renouvelé”. Tu sais donner les coups de projecteur qui donnent envie, soulignant “l’intime connivence/oxymore entre poésie et liberté
Il est temps de franchir ce seuil.
Un salut à toi, Gérard, qui sais comme toujours dessiner une synthèse éclairée pour introduire à ce “Non” qui est au cœur (ou l’embrayeur de) la liberté Tu soulignes justement combien la poésie exige “l’entière liberté du langage” : comment autrement “se libérer de soi”? J’y entends un matin défait comme d’ultimes draps : qui s’y est étendu? qui y a joui? qui y est mort? qui y est né? Baudelaire, bien sûr, affirme cette exigence de “faire jaillir l’Inconnu qui nous fera renaître” – mais comment, dans quel gouffre, quelle nuit aveuglante, au bout de quel désespoir? Il y a de l’inconnu dans cet Inconnu et pourtant il faut s’y livrer absolument : la liberté du langage renverse même notre matière personnelle de langue, nous essouffle, nous surprend, nous renverse. L’écriture est à ce prix. Car, tu le dis justement, “tout poème, digne de ce nom, est une parole inventée”, qui renverse les tables – et d’abord la table sur laquelle on écrit. Ce vertige de la langue emportée qui conquiert ses rythmes, ses couleurs, ses déflagrations, ses surprises, c’est la poésie : elle brûle!
D’autres saluts, à Isabelle Lévesque pour sa méditation sur ce “non” qui allume le désir de liberté. On commence toujours par dire non quand on veut conquérir sa liberté : c’est vrai de toute l’épopée humaine dont la poésie est le cortège obstiné.
Et quel bonheur de découvrir le superbe titre de Claude Ber : “Il y a des choses que non”. J’espère trouver son livre – et le lire à haute voix!
Un salut affectueux aussi à Monique W. Labidoire, pour sa belle approche des mots liberté et espérance. Et sur sa passionnante rumination sur le mot “engagement” : à quoi est engagé le poète engagé? Vaste perspective, interminable chemin qui parfois revient sur ses pas parce qu’il tourne en rond, l'”engagement” est une affirmation – mais la poésie n’affirme rien, elle jette des poignées de secousses électriques dans la langue, elle fait sauter des ponts de syntaxe, elle crie, elle hurle et elle murmure, tout en étant attentive au monde (“Peut-on dissocier le citoyen du poète?” interroge justement Gérard Mottet). Mais la forme a-t-elle à voir avec la liberté? Evidemment non : Monique sait en montrer l’exemple avec deux écriture, l’une, qui s’agrippe à l’arbre du réel qu’il transfigure à la pointe sèche, l’autre qui, dans la saturation affolante/affolée des sons et des vagues dansées, dans l’éclat symphonique qui veut embrasser le monde, n’est pas si loin de l’ambition de l’autre qui fait entendre le poids du silence.
Salut encore à toi, Martine, qui offres une éblouissante analyse du poème d’Aimé Césaire, ce “maillon de la cadène“, sens et musique tressés dans ce titre qui fait s’envoler, avec le rythme anaphorique en écho au fameux Liberté d’Eluard, mais qui prolonge chaque halte énoncée de mille rhizomes politiques tissés à l’intérieur de cette langue et de cette pulsation.
Salut aussi au passionnant texte de Dominique Zinenberg qui pointe cette expérience forte : “la liberté que s’accorde le poète, il la donne ainsi au lecteur”. En 1913, Apollinaire avec ses Alcools jette la poésie dans cette traversée du torrent sur un pont de bois sans rambarde. Puisque qu’il n’y a plus les béquilles de la ponctuation, le sens se crée donc dans l’énonciation que lui confère le lecteur. Je me souviens de ce curieux étonnement, ou mieux de ce ravissement de découvrir un soir, à Nancy, où un groupe de comédiens avait entrepris une lecture d’un florilège de mes poèmes : ils inventaient des rythmes neufs, jetaient la ponctuation de leurs souffles où ils voulaient, secouaient l’arbre de mes mots et il en tombait d’autres fruits. Leur liberté m’avait ce soir-là éclairé. Dominique Zinenberg fait, elle aussi, miel de tout, de Flaubert à la poésie qui s’écrit en ce moment pour dessiner l’impossible assumé de la poésie de toujours, de maintenant, de demain.
Et puis, bien sûr, il y a toujours la matière régulière de Poésie/première, ces entretiens approfondis (Pierre Dhainaut en particulier), si essentiels pour suivre un cheminement et servir de mémoire à ceux qui suivront.
Lectures multiples, “moments poétiques”, “poésie plurielle” (d’ailleurs, quelle différence entre ces deux ensembles?) – avec toujours, de mon point de vue, un déficit d’information brève (5 lignes) mais indispensable sur chaque poète -, et ces hommages touchants, en particulier ceux consacrés à Frédéric Tison, dont les quatre poèmes qui le saluent en point d’orgue sont tissés à une émotion vraie : tout cela fait un numéro vraiment exceptionnel d’une revue à laquelle je suis fier d’être associé car elle est pour moi, aujourd’hui, la seule qui porte et interroge la poésie loin sur ses chemins pluriels, tout en la donnant à lire.
Bravo, merci, à suivre – ensemble.

Dominique Zinenberg sur le site Francopolis :

Le numéro 87 de la revue Poésie/première est paru en janvier 2024. Le dossier qui, juste après l’édito synthétique et d’une grande pertinence doublée d’élégance proposé par Martine Morillon-Carreau, se consacre à la relation entre la poésie et la liberté. Les articles questionnent aussi bien la liberté formelle qui taraude les poètes depuis toujours que l’engagement pour la liberté à travers des combats multiples : les poètes veulent se libérer ou libérer des chaînes de l’esclavage (c’est  ce dont traite l’article de Martine-Morillon-Carreau sur Aimé Césaire « maillon de la cadène » et libre poète) ; ils résistent aux censures, ils deviennent des résistants et des poètes de la Résistance ce que développe Gérard Mottet en prenant l’exemple , en particulier, de René Char ; à quoi Isabelle Lévesque répond en évoquant d’une part que certains poètes ont aussi servi « tyrannies et dictateurs » et d’autre part, que les poètes sont aussi, et que cela doit être mentionné, revendiqué, proclamé, des femmes et que dans notre contemporanéité, elles libèrent une vision poétique encore peu entendue, et se libèrent de carcans par trop masculins, d’où l’insistance dans la plus grande partie de son article à citer des femmes. Pour Monique W. Labidoire la liberté et la poésie font bon ménage, car la première liberté, pour elle, signifie pouvoir écrire sur absolument tout et pour peu qu’on s’y engage à fond, il est tout aussi légitime de se consacrer en poésie à l’amour, à la nature, aux combats contre les guerres et les injustices qu’à tout autre sujet. Dans mon propre article j’insiste d’une part sur « la servitude volontaire des poètes » qui est le titre que j’ai choisi et sur les arcanes du poème, de son élaboration, qui contraint le poète à suivre la logique du poème qu’il crée. Guillaume de Pracomtal présente des fragments de réflexion sur l’écriture poétique, le tout parcouru d’une onde de choc et de joie quand il fait ce constat exaltant : « J’écris, alors je suis libre. »
Pour rendre hommage au poète et plasticien Frédéric Tison mort en fin d’année 2023, la revue propose tout au long des pages, des tableaux (Encres et Pastels) de lui, puis de la page 101 à 106, sa biographie et divers hommages poétiques ou critiques. Un seul tableau n’est pas de lui, mais de mon frère Pierre Zinenberg : à sa façon, il symbolise la liberté en représentant des personnes nues. C’est « le cri des poètes ».
Un poème d’Alain Duault « La guerre » (p.37 à 45) décrit la guerre en Ukraine, et à la fin les atrocités qui ont lieu au Proche-Orient, et c’est tout simplement poignant. Ce poème est suivi d’une analyse par Hervé-Pierre Lambert de l’œuvre du même Alain Duault Le ciel jaloux des roses ce qui permet aux lecteurs de la revue d’approfondir la connaissance de cet auteur et de se rendre compte combien le poète charrie un monde « tout d’intensité multisensorielle, avec l’omniprésence des sensations visuelles, olfactives, tactiles, auditives, gustatives. »
Pascal Mora présente le portrait d’Hector Berenguer, tandis que moi je présente celui de Pierre Dhainaut. Portraits c’est-à-dire interviews qui permettent de mieux connaître le fonctionnement des poètes interrogés. Ainsi pour Hector Berenguer, la poésie allie la recherche esthétique à la recherche philosophique, voire à une certaine approche mystique et syncrétique car le désir de trouver du sens, un sens, lui paraît essentiel. Quant à Pierre Dhainaut, sa poésie, si sensible, est sous-tendue par la nécessité de s’ouvrir aux autres et de dire de la plus juste façon, avec des mots simples et sans emphase, que ce qui est essentiel c’est cette recherche elle-même, continue, secrète, concrète et qui aboutit au poème, au continuum du poème pour lequel il a consacré son existence.
Sabine Zuberek se plonge dans La troisième voix, recueil écrit en duo entre Isabelle Lévesque et Pierre Dhainaut. Elle parvient à célébrer les deux poètes, en les distinguant l’un de l’autre et en essayant d’analyser cette « troisième voix » qui naît des deux explicitement présentes.
Jacqueline Persini s’entretient avec Marjan (peintre) et l’auteur d’Une enfance en oraison à savoir Patrick Navaï. Puis elle présente l’œuvre en pointant surtout l’ouverture d’esprit des deux réalisateurs du recueil et insiste sur « la traversée des malheurs » comme sur la transcendance lumineuse qui les guide : « Et c’est comme une prière qui s’insinue dans un ciel devenu lumineux. »
Bernard Fournier écrit une chronique « La poésie en contrebande » qui synthétise les lieux où les recueils de poèmes se nichent ; il nous fait découvrir les Forêts domaniales de la mémoire » de Marc Alyn, et pour finir Havres de Patricia Castex-Menier.
Rémi Madar s’intéresse aussi bien à Eugène Guillevic pour Possibles futurs qu’à Frédéric Tison pour La Table d’attente.
Puis viennent les « Moments poétiques » avec les poètes Bernard Grasset, William Souny, Madeleine Saint-Cast, Sophie Djorkaeff et « Poésie plurielle » avec neuf poètes donc neuf poèmes.
En dehors du long hommage à Frédéric Tison, il y a celui consacré à Kenneth White par Pascal Mora et celui consacré à Jean-François Mathé par Pierre Perrin.
Et comme toujours, ce sont les notes de lectures qui referment la revue.
Alors bonne lecture car les réflexions foisonnent et les pépites poétiques et artistiques nous aimantent et nous font dire : « Vive la poésie ».

Nos collaborateurs ont récemment publié

Sont mentionnés ici les titres publiés par nos collaborateurs depuis 2021 :
ouvrages et textes en revue (articles, nouvelles, poèmes) d'au moins deux pages.

Marilyne BERTONCINI
Son corps d’ombre (avec des collages de Ghislaine Lejard), éditions Zinzoline, à paraître fin juin 2021, 48 p., 13 €.
Soleil Hésitant, de Gili Haimovich, traduit par Marilyne Bertoncini, éd. Jacques André, mai 2021.
Je dis DésirS, anthologie, textes choisis par Marilyne Bertoncini et Franck Berthoux, éd. PVST, avril 2021.
~ La Plume d’ange, illustrations d’Emily Walcker, éd. Chemins de Plume, 2021.
~ Aub’ombre/Alb’ombra, photos de Florence Daudé, éditions Pourquoi viens-tu si tard – bilingue. 2022.

Philippe BIGET 
Les Nouvelles sont bonnes, recueil de 12 nouvelles, collection “Récits et fictions”, éditions Fondencre, 2021, 114 p. (16 € + participation aux frais d’envoi 2 €).
Avec Daniel Birnbaum, Marie-Claude Bourjon, Gwenael Bulteau, Viviane Campomar, Jean-Yves Carlen, Julie Chaux, Stuart Dybek, Fréderique Kerbelec, Irène Krassilchik, Alexia Mahdidi , Jean-Pierre Schamber, Natalia Vikhalevsky.
Des récits courts et divertissants invitent le lecteur à s’imprégner d’une atmosphère particulière.

Claire BOITEL
~ La nuit est toi, récit, Fables Fertiles, avril 2022, 96 p., 15 €
~ Tuer des roses, roman, éditions Douro, coll. La Bleu-Turquin, septembre 2022
~ Frédéric Tison. La voix derrière la voix (Préface Paul Farellier), éditions Pétra, juin 2023, 154 p., 17 €

Catherine-Alice CARLS 
~ Marilou Awiakta. Our Courage Is Our Memory / Notre courage est notre mémoire. Vingt poèmes traduits de l’anglais par Alice-Catherine Carls et illustrés par Pierre Cayol. Bagnols-sur-Sèze : Imprimerie du Gard rhodanien, 2021. 20 p.
~ « La Valise poétique de Piotr Krynicki. » Introduction à l’œuvre et traduction de neuf poèmes. Recours au Poème, n° 211, novembre/décembre 2021.

Michèle DUCLOS 
~ Entretien au sujet de Kathleen Raine, Les Cahiers d’Eucharis, 2021 pp.102-109.
~ Le Symbolisme et l’Imagination selon Kathleen Raine, Revue européenne de recherches sur la poésie, n°7, 2021.

Bernard FOURNIER
~ Statues-menhirs (extraits), in Gustave, revue électronique, n° 110, 5-12 avril 2021
~ « Guillevic et la poésie civique », in Notes Guillevic Notes XI (Fall/Automne 2021), pp. 33-88
~ Dits de la pierre (Prix Louise Labé 2023), La Feuille de thé, mai 2022, 22 €.

Claire GARNIER-TARDIEU
~ Poèmes « Vague au désir de dune », Le désir, Écritoire d’Estieugues, 2021, pp. 22-23.
~ Retour au pays, Éditions des Deux Rues, décembre 2021 (Prix de Poésie Histoire et Mémoire), 46 p., 10 €.
~ « Effacer les lisières », Parmi les pluies futures, Écritoire d’Estieugues, 2023, pp. 30-31.
~ Transhumance (Grand Prix Arcadia de la ville de Béziers 2022), Éditions Unicité, 2023, 66p., 14 €.
~ Elle/She, Images digitales : Natia Zhvania, Éditions Transignum, 2023, 68p., 30€

Francis GONNET
~ Promesse du jour, éd. Alcyone – collection Surya, septembre 2021.
~ Sang de nos racines, éd. du Cygne,  septembre 2022, 56 p., 10 €
~ Traversée des visages, éd. du Cygne,  2023, 52 p., 10 €

Marie-Line JACQUET
~ La saison creuse, éd. du Cygne, janvier 2024. 60 p., 10 €

Pascal MORA
Lisières d’instants, éditions Unicité, 2021, 82 p., 13 €.
Villes Ciuades, Anthologie, Poètes français et argentins d’aujourd’hui, éditions Unicité, 2021, 246 p., 18 €.

Martine MORILLON-CARREAU
La porte des songes, nouvelle inédite, Poésie/première n°78, janvier 2021, pp.89-96.
~ Et puis quoi d’à venir, édition bilingue français-anglais (avec des encres de Marc Bergère), éditions Transignum, avril 2021, 52 p.
~ Ici  maintenant, poème accompagné par 21 encres originales de Marc Bergère, Les Cahiers du Museur, 2022.

Gérard MOTTET
Suite indienne, poèmes parus dans la revue Diérèse, n°81, juin 2021, pp.169-178.
Suite nocturne, poèmes parus dans la revue Diérèse, n°85, septembre 2022, pp.123-130.
~ Choix de 13 poèmes, in Possibles n°26, décembre 2022, pp.47-58.
Qu’est-ce qu’un poème ? article paru dans la revue Possibles, n°29, septembre 2023, pp.15-28.
~ Ambivalences de la poésie, article paru dans la revue Voix, n°8, automne 2023, pp.45-47  –  Trois poèmes dans cette même revue, pp.8-9.
~ 17 articles de réflexion sur la poésie (148 p.), in Poésie/première n°72 à 88 (2018-2024).

Gérard MOTTET & Jacqueline PERSINI
Si seulement  l’envol (avec des encres de Marc Bergère), éditions Unicité, mars 2021, 116 p., 13 €.

Jacqueline PERSINI
~ Au jardin (en coécriture avec Patrick Navaï  qui a aussi illustré le recueil), Voix tissées, 2021, 8 €.
Vers les cygnes sauvages (illustrations Jean-Louis Pérou), éditions Unicité, 2022.
~ Dévêtir l’obscur, Les lieux -dits, collection Jour&Nuit, 2022, 61 p., 12 €.
~ Participation à l’anthologie Forêt(s), Donner à voir, 53 pages, 2022, 9 €
~ Participation à l’anthologie Nocturnes – Haïkus de nuit (dirigée par Monique Leroux Serres), PIPPA, 121 pages, 18 €
~ Maisons-Poèmes, illustrations Luce Guibaud, l’Atelier des Noyers, 2023

François TEYSSANDIER
~ Poèmes publiés dans la revue PHOENIX n°36, juillet 2021.
~ La Lenteur des rêves, éditions Les Lieux-dits, collection Les Cahiers du Loup bleu, 2022, 44 p., 7 €.
~ 7 poèmes dans la revue VERSO n°190 (septembre 2022), pp.54-59.
~ 7 poèmes dans la revue DECHARGE n°194 (juin 2022), pp.60-66.
~ “Réduction de tête” (Nouvelle) dans la revue RUE SAINT AMBROISE n°49 (mars 2022), pp.127-132, 14 €.
~ “Mémoire de la terre” (Nouvelle) dans la revue A L’INDEX n°44 (mars 2022), pp.14-26, 18 €.
~ “Eros stratège” (Nouvelle) sur le site FRANCOPOLIS (juin 2022).
~ “La Gare” (Nouvelle) dans la revue A L’INDEX n°46 (mars 2023), pp.65-73, 18 €.
~ La Patience du vent, recueil de poèmes, éditions Polyglotte, 110 pages,  avril 2023, 12 €
~ Poèmes dans la revue COMME EN POESIE n°94 (juin 2023), pp. 84-87.
~ Poèmes dans la revue ARPA n°140, juin 2023, p.35-38.
~ “L’Absente” (Nouvelle) dans la revue RUE SAINT AMBROISE n°51, juin 2023, pp.29-41.
~ 9 poèmes publiés dans la revue PHOENIX n°40, pp.105-108, 2024

Dominique ZINENBERG
~ Sans nom le ciel, éditions Unicité, premier trimestre 2021, 99 p., 13 €.
~ Carnet d’incertitudes, éditions Unicité, second trimestre 2022, 201 p., 16 €.
~ D’Amour la fulgurance, éditions Unicité, second trimestre 2023, 83 p., 13 €.

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