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Extraits du prochain numéro

Numéro 79

(à paraître en mai 2021)

Thème de ce numéro :
l’inspiration
Les Anciens nommaient “inspiration” ce souffle divin qui s’emparait du poète et lui dictait ses vers. Philippe Jaccottet, après bien d’autres, nous le fait constater : « Plus personne aujourd’hui, de peur d’être ridiculisé, n’ose parler d’inspiration ou de muse ». Les dieux souffleurs se sont exténués, les voix des Muses ou celles de la Nature se sont tues ; que reste-t-il ?

Hommage à Philippe Jaccottet 
Philippe Jaccottet (1925-2021) est, avec Yves Bonnefoy (1923-2016), l’un des deux phares de notre seconde partie de XXème siècle en poésie. Tous les deux en rupture de surréalisme, le second peut-être plus intellectuel, le premier tâchant sans cesse de « parler bas ». C’est une autre voix mezzo voce qui s’éteint, après celle de Pierre Oster (1933-1920). Celle de l’humilité. Humilité, dans son acception littérale, proche de l’humus, de la terre et des arbres. Humilité dans l’approche de l’autre, traduction de L’Odyssée ou de Robert Musil, entre autres. Humilité dans son approche de la parole poétique.

Dossier : Michèle Duclos s’entretient avec Anne Mounic.

Dans la 3e partie de ses Lectures et Connivences, Alain Duault nous présente quatre poètes contemporains : Colette Thomas, André Velter, Jacques Réda et Jean Ristat.

Poésie Jeunesse : Jacqueline Persini s’entretient avec Patrick Jocquel, à  propos de la revue Cairns.

Les auteurs des poèmes retenus dans notre rubrique “Poésie plurielle” sont :  Anne Barbusse, Jean-Claude Albert Coiffard, François Coudray, Franck Bouyssou, Marc Delouze, Pierre Godo, Francis Gonnet, Laurent Grison et Eva-Maria Berg, Jennifer Grousselas, Pierre Louarn, Pauline Maure, Philippe Monneveux, Myriam OH, Béatrice Pailler, Hugues Reiner, Martine Rouhart, Fanie Vincent, Pierre Zabalia.

Dernières publications de nos collaborateurs

Bernard FOURNIER
~ Statues-menhirs, (extraits), à paraître, in Anthologie « Dire oui » proposée par Florence Saint-Roch, revue internet Terre à ciel, janvier 2021.
~ Statues-menhirs, (extraits), in Gustave, revue électronique, n° 110, 5-12 avril 2021.

Isabelle LELOUCH
~ Leurs ailes, oiseau bleu, oiseau vert, édition Thyma, février 2021, 12 €

Gérard MOTTET & Jacqueline PERSINI
~ Si seulement  l’envol (avec des encres de Marc Bergère), éditions Unicité, 116 p., 13 €

Les manifestations

On fête le Bicentenaire de la naissance de Baudelaire sur Recours au Poème

Le Marché de la poésie aura-t-il lieu cette année ?
Poésie/première a réservé un stand pour vous y accueillir

Extraits de numéros précédents

 

  • Extrait de l’article “Le rêve et la poésie” dans le N°78.

« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible ». Ainsi commence Aurélia, texte ultime de Nerval, en lequel les surréalistes verront une vaste métaphore de la poésie, voie royale de l’imagination. On n’a pas manqué depuis fort longtemps de relever entre poème et rêve de nombreuses analogies, tant sur le plan de la transfiguration du réel qu’opère l’imagination du rêveur ou du poète, que sur le plan des modalités d’expression, procédant notamment par déplacements, ellipses, condensations, contradictions, suppression des repères d’espace et de temps. Poème et rêve auraient au moins en commun de nous ouvrir l’accès à des réalités invisibles qui échappent à notre conscience ordinaire. Ces deux activités seraient donc censées nous frayer la voie vers un monde “surréel”, où s’opère la réconciliation des contraires que ne cessent d’opposer notre logique et nos découpages conceptuels. [à suivre…]

 

  •  Le dossier du N°78

EMILIO PRADOS (1899-1962)
JARDIN CLOS (NOSTALGIES, RÊVES ET PRÉSENCES)

Présentation et traduction par Jacques ANCET
Emilio Prados est né à Malaga en 1899 — comme Vicente Aleixandre dont il fut le condisciple au collège. Issu d‘une famille aisée qui n‘avait pas oublié ses origines modestes, Emilio est frappé dès l‘enfance par la tuberculose (« mon premier souvenir est celui d’être toujours sur le point de mou- rir »). Ce qui explique sans doute, malgré sa gaieté naturelle et son amour de la vie, sa timidité et son inadaptation au milieu dans lequel il évolue. Docilité, douceur et sens inné, intraitable, de la justice, distraction et refus des normes établies seront chez lui des traits de caractère qui ne le quitteront pas. Pour l‘éloigner de ce milieu qu‘il ne supporte pas, on l‘envoie à la Residencia de Estudiantes de Madrid qui vient d‘ouvrir une section pour enfants. Là il poursuit ses études, se passionne pour la philosophie (pour Platon en particulier), pour la littérature classique (grecque, espagnole), pour la poésie arabo-andalouse et la poésie française moderne (Mallarmé, Gide, Valéry…). Un peu plus tard, inscrit à l‘Université, il devient très proche de Federico Garcìa Lorca. C‘est alors qu‘il commence à écrire ses premiers textes puis ses premiers livres. [à suivre…]

 

Édito du N°77

« La poésie est ce qui découvre le fond de l’être » : Gérard Mottet nous rappelle cette ambitieuse conception de Philippe Jaccottet en exergue de son article « Poésie Première », – titre dont on appréciera le clin d’œil – où il s’intéresse à cette « parole obscure qui ne serait pas simplement l’expression d’un inconscient personnel mais aussi d’une mémoire ancestrale, voire cosmique ». Le poète ne doit-il pas savoir en effet « briser l’écorce rigide du rationnel », afin de partir « à la quête d’une origine », y compris, paradoxalement, « dans la logique de l’imaginaire » ?
En réponse et prolongement, Jean-Louis Bernard nous invite à questionner la formule, plus lapidaire mais non moins forte d’Héraclite : une « pudeur devant l’énigme » ; ce qui n’exclut pas de toujours se montrer « à l’écoute », de chercher à « traverser l’obscur » invérifiable, impondérable, incertain, jusqu’à « savoir prolonger la parole par sa résonance ». Pour, finalement, tenter de « rendre compte de l’indéfinissable » [à suivre…]

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