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À noter sur votre agenda

Le 39e Marché de la Poésie


Le 39e Marché de la Poésie se tiendra
du mercredi 8 au dimanche 12 juin 2022
Place Saint-Sulpice – Paris 6e
Invité d’honneur : Le Luxembourg
États généraux permanents de la poésie 2022 :
La Pensée du poème.

    Poésie/première se tiendra comme les années précédentes
sur le stand 108

Retrouvez toutes les infos liées au Marché de la Poésie, ses participants, les nouveautés, les événements du Marché et de sa Périphérie, etc., sur www.marche-poesie.com

Pour mémoire


 On rend hommage à Philippe Jaccottet
    dans les n°79 et 80 de Poésie/première
    sur Recours au Poème et sur Francopolis

 Un hommage à Bernard Noël,  par Jacques Ancet,
    figure dans le n°80 de Poésie/première.
   

 

– Un hommage à Michel Deguy
    sera rendu dans
le n°82 de Poésie/première,
    par Gérard Mottet


  Un hommage à René de Obaldia
    sera rendu dans
le n°82 de Poésie/première, 
    par Bernard Fournier.

 
–  
Un hommage à Anne Mounic
    sera rendu dans 
le n°82 de Poésie/première, 
    par Michèle Duclos.

  • Le prix Aliénor 2021 a été attribué à Michel Diaz
    pour Le Verger abandonné, paru aux éditions Musimot. 
    Il a été remis le 11 décembre 2021 lors de la séance mensuelle du Cercle Aliénor, qui s’est tenu à la Brasserie Lipp (151, Bd Saint-Germain, 75006 Paris) en même temps que le prix Aliénor 2020, différé en raison de la situation sanitaire et décerné à Nicole Hardouin, pour Lilith, l’amour d’une maudite, paru aux éditions Librairie-Galerie Racine.
Michel Diaz


Le colloque international en hommage à la poétesse anglaise Kathleen Raine (1908-2003) s’est déroulé dans le prestigieux Grand salon de la Sorbonne et à la Maison de la recherche de la Sorbonne Nouvelle les 24 et 25 mars derniers, en partenariat avec la Temenos Academy de Londres.

Cet événement a rassemblé des chercheurs et des enseignants, mais aussi des étudiants et des artistes venus de Grande-Bretagne, des États-Unis, de Pologne, de Turquie et de France – la France que Kathleen Raine appelait « Le pays doré de l’imagination ».

La problématique générale visait à resituer l’œuvre poétique, autobiographique et critique de Kathleen Raine dans le contexte contemporain près de vingt ans après sa disparition. Kathleen Raine a en effet illuminé le paysage littéraire français des années 1980 et 1990 grâce à ses fameux traducteurs de l’époque : François-Xavier-Jaujard, Pierre Leyris, Diane de Margerie, entre autres. Il s’agissait de savoir si son message d’amour et de beauté, sa spiritualité toute inspirée de philosophie platonicienne et néoplatonicienne ainsi que des grands textes de la tradition indienne connus de William Blake, des romantiques anglais, et du poète irlandais W.B. Yeats, avaient encore un avenir.

On sait à quel point la poétesse a lutté contre le matérialisme anglais du XXème siècle, matérialisme qui semble aujourd’hui avoir gagné les lettres françaises qu’elle estimait tant.

Adresse du colloque : https://kathleenraine.sciencesconf.org/

Par des exposés et des conférences de haute qualité, mais aussi un enregistrement vidéo de son Altesse Royale le Prince de Galles, mécène de la Temenos Academy, deux tables rondes auxquelles participait notamment la famille de Kathleen Raine, et par des événements artistiques de haut vol – Interprétations de poèmes, concert piano-violoncelle, film dansé, encres réalisées sur le vif –, l’œuvre de Kathleen Raine a semblé s’installer à l’avant-garde d’un renouveau de l’esprit humain alors que nous approchons du terme de ce premier quart du XXIème siècle.

Claire Garnier-Tardieu

Appréciations

Le Prix Cassiopée de la meilleure revue littéraire est attribuée à Poésie/première
(par Alice-Catherine Carls)

   Fêtant en 2019 ses vingt-cinq ans, Poésie Première s’est établie au fil des ans comme une grande revue. Son accueil chaleureux fait éclore les talents. Qui entre en Poésie/première entre en amitié et y reste. Robert Dadillon, fondateur de la revue (fin 1994) et rédacteur-en-chef pendant les neuf premières années, homme à l’esprit ouvert et généreux, avait un instinct infaillible de découvreur de talents. Emmanuel Hiriart, qui dirigea la revue de 2004 à 2014 dit dans son projet de constitution pour une Europe des poètes: “L’Europe des poètes s’ouvre à l’orient comme à l’océan, cueille la rose des vents, s’enracine en chacune de ses langues pour mieux les embrasser. Elle compte autant d’Etats que de poètes.”
   Martine Morillon-Carreau oriente aujourd’hui la revue vers la modernité et l’originalité de la poésie contemporaine dont elle maintient l’ouverture, l’originalité, et la qualité.
   La remise du Prix Cassiopée le 8 juin 2019 peut être consultée sur le site du Cénacle Européen.
   Le prix a été mentionné dans la revue en ligne Recours au Poème

– Alain Duault : je suis surtout frappé par la qualité globale de ce numéro.
   D’abord le passionnant texte liminaire de Gérard Mottet sur la “primitivité” et le “primitivisme” de l’écriture poétique, avec ses incises multiples du côté de l’anthropologie ou de la philosophie, constitue une base de réflexion essentielle sur “l’étant” du poème (pour reprendre un concept ontologique essentiel) – en connivence avec les réflexions de Jean-Louis Bernard, qui ouvrent d’autres horizons sur l’idée et l’effet, la présence et l’absence (qui, elle-même, fait écho à l’ab-sens). La dimension plus philosophique des réflexions de Jean-Louis Bernard, tissées au panorama que dessine Gérard Mottet, fait de ce diptyque un document important pour une pensée de la poésie qui se doit, infiniment, de “traverser l’obscur”. Oui, vraiment passionnant !
   Mais beaucoup d’autres textes m’ont retenu dans ce numéro, en particulier l’impressionnant poème-d’amour sensuel de Laurence Lépine à travers Tsvetaïeva, Pouchkine ou cette Perrine Le Querrec que je ne connais pas. Et puis la découverte d’Edouard Dujardin qui n’était pour moi qu’un nom vaguement rattaché au symbolisme et dont j’ai découvert, grâce à Bernard Fournier, une personnalité au feuilletage multiple, de Wagner à Mallarmé mais aussi du dandysme à la collaboration. Toujours est-il que cette somme offre une vue très complète et patrimoniale sur une personnalité littéraire… dont je découvre qu’il meurt en 1949, l’année de ma naissance, à quelques rues de mon appartement parisien ! 
   Je suis ravi de participer à une revue de ce niveau, une de celles qui ont la meilleure tenue parmi les revues littéraires qui continuent à faire battre le pouls de la poésie aujourd’hui.

– Alain Duault : je viens d’achever la lecture de votre numéro 78, qui conforte mon sentiment de la haute tenue de votre revue.
   Vous lui assignez de belles perspectives dans votre Édito – et ces perspectives s’avèrent à la lecture, avec d’abord ce dossier sur Emilio Prados : ces 40 pages, bien présentées par Jacques Ancet, font vraiment pénétrer sa poésie, ce frémissement surréaliste mais aussi son dépassement du surréalisme (peut-être au contact de Paz ?), cette ascèse de l’écriture, ces nostalgies labourées, ce questionnement du monde, ces dialogues avec soi-même, avec une “âme” qui est peut-être ce “jardin perdu”. C’est une belle découverte d’un poète qui n’était pour moi qu’un nom.
   Et le texte de Gérard Mottet qui suit ce dossier est, dans un esprit bien différent, lui aussi très passionnant : l’interrogation sur le concept de “rêve” – et de ce point de vue le mot allemand
phantasie dirait beaucoup de ce rapport rêve/langage (dans le prolongement de ce qu’il écrit sur la Traumdeutung freudienne, cette interprétation des rêves qui ouvre des vannes dont la poéticité se vérifie régulièrement.
   J’ai aussi été intéressé par l’interview de Michel Passelergue qui prolonge le texte de Gérard Mottet, et ses poèmes (dont en particulier son
Aria della fiamma).
   Et puis quel magnifique hommage de Bernard Fournier à notre cher Pierre Oster ! Tous les aspects de son œuvre, ses filiations, son sens ample de la période, tout y est éclairé avec une fine empathie. Dommage peut-être de ne pas avoir prolongé avec quelques poèmes…
   J’en viens à votre nouvelle, chère Martine. Votre récit est palpitant et ce destin pathétique d’un double involontaire de Nerval me fait croire que ce n’est pas un coup d’essai : non seulement l’intrigue en est forte et originale mais la technique du récit parfaitement maitrisée.
   J’ai donc passé, comme souvent, de beaux moments à la lecture de ce n° 78, auquel je suis heureux d’être associé. Merci 

Le n°79 de Poésie/première, sur le thème de l’Inspiration, fait la Une de la revue en ligne Décharge et vient d’être élue “Revue du mois 

– Alain Duault : j’ai pu lire et déguster votre n°79. Et décidément, cette revue est devenue une des plus importantes du moment pour ce qui nous rassemble, la poésie.
   Mille raisons de s’en nourrir, du très bel hommage au cher Jaccottet (avec en particulier le texte si riche de Gérard Mottet, dont les variations de l’intuition à l’inspiration ouvrent de belles perspectives ! *) au dossier consacré à Anne Mounic et l’ensemble des textes qui suit la passionnante et éclairante conversation avec Michèle Duclos donne envie de poursuivre avec elle ce chemin qu’est la lecture.
  * À Gérard Mottet :  “je voudrais vous dire combien j’ai aimé lire votre texte sur l’inspiration – qui s’inscrit étonnamment comme un prolongement-développement de votre hommage à Jaccottet. La dialectique du souffle qui sous-tend ces deux textes (dans son battement extérieur/intérieur), la perspective polyphonique de cette inspiration, l’articulation de l’intuition et de l’émotion, l’inquiétude qui constitue l’espace ouvert où le poème s’avère, tout cela trace des pistes de réflexion qui pourraient se relancer sans doute…  Merci donc pour ce texte qui élève les questions”.

   À toute l’équipe de Poésie/première : merci de m’accueillir dans votre belle revue, avec cette haute tenue qui nous fait respirer haut : c’est utile en ces temps de saccage de la culture et de la langue ! 

– Colette Gibelin à Gérard Mottet : Ce numéro de Poésie Première est dans son ensemble particulièrement intéressant : ton article sur des mots et des images, pertinent et éclairant.
Mais aussi ton article sur Philippe Jaccottet, que, coïncidence, je suis justement en train de relire.
Et puis le très intéressant dossier de Bernard Fournier sur Marc Alyn, que je connaissais mal.
Bravo à vous tous pour ce numéro. Poésie Première me semble décidément une des meilleures revues de poésie actuellement, et peut-être la meilleure.
Beaucoup de grands noms ici : Jacques Ancet, qui est un poète que j’apprécie hautement depuis longtemps.
Mais il faudrait presque tout mentionner.

– Alain Duault : votre dernier numéro est encore une fois une réussite : j’hésite car j’ai un peu l’impression de me répéter, mais tout l’ensemble sur “L’image la poésie” est vraiment passionnant, et Gérard Mottet est décidément un pilier de votre revue ! Le prolongement de sa réflexion par la mise en perspective de l’écriture de Jaccottet dessine ainsi un parfait contour/contrepoint : superbe ! Et le juste hommage à Marc Alyn (avec quelques beaux poèmes neufs) est tout aussi bienvenu. Ou le salut à Vénus Khoury-Ghata. ou la réflexion de Jacqueline Persini sur l’art, en particulier à propos de Bacon. Et puis les poèmes à découvrir de Claude Cailleau, de Claude-Raphaël Samama, de Sonia Zin El Abidine, tout est vraiment d’une tenue haute. Bravo !

– Michèle Duclos : 80 me parait le numéro le plus réussi, d’abord parce que richement uni autour de la poésie francophone très récente ou actuelle et parce qu’illustrant le développement sur plusieurs numéros d’un lien conceptuel, celui de la poésie dans ses constituants – relation à la pensée, à la musique, ici les images. Il est bon pour une revue d’avoir une finalité poursuivie d’un numéro à l’autre, créant une attente. Celle-ci propose (actualité mortuaire oblige…) des poètes de premier plan, mais aussi, là aussi avec un suivi, des poètes destinés à y parvenir comme Monique W. Labidoire, servis  par un suivi d’essayistes (je n’aime pas « critiques » parce qu’il ne s’agit pas de « critiquer »). Il me semble que là aussi P/P  dispose d’un riche corpus de ces analystes. Qui écrivent une langue simple, précise et d’autant plus efficace.
Bonheur d’avoir envie de lire davantage  Jaccottet, Noël et de découvrir Marc Alyn, célèbre inconnu aux superbes images naturelles pour dire la vie de l’âme et donc aucune ne semble forcée, disant la joie de cette âme : « Mille alphabets germaient au fil de mon sommeil » (tiens, Rimbaud ?) ; « chaque lettre, une graine ; chaque image, le ciel ».
Les divagations vertes de Ponge me paraissent très surréalistes.
Et au-delà de l’art et de son rapport à la vie et la mort, je conclurais volontiers comme  Jacqueline Persini : « Il y a aussi la beauté pudique des arbres, des fleurs, des rochers ».

– Sandrine Daraut :  J’ai enfin pu consulter ce véritable petit trésor de parcours que constitue le numéro 80 de la Revue.
J’ai plus précisément apprécié cette poétique sans artifice, où l’on va chercher au plus près – au plus profond – l’origine de l’image. La rigueur est plus que manifeste.

– Irène Clara (Revue Florilège) : Le numéro 80 de Poésie / première comporte un important dossier sur Marc Alyn, un hommage à Bernard Noël, des articles sur Philippe Jaccottet, Monique W. Labidoire, Christèle Wurmser, Francis Ponge, deux entretiens avec Vénus Khoury-Ghata, et Frédéric Tison et des pages de moments poétiques signées Claude Cailleau, Claude-Raphaël Samama, Sabine Alicic et d’autres poètes à l’écriture incisive. Dans un troisième volet dédié à la présentation de vingt livres, les lecteurs de Florilège retrouvent une présentation de la dernière œuvre de Stephen Blanchard Effleurescences.
Qu’il s’agisse d’Alain Duault, Jacques Ancet, Bernard Fournier ou Gérard Mottet, le directeur de la revue, qui publie ici deux essais remarquables sur le rapport entre mots et images d’une part, et d’autre part la poésie de Philippe Jaccottet, article sous-titré L’image inquiète, la qualité des auteurs ayant contribué à l’élaboration de ce numéro ne fait pas de doute. La grande question abordée dans son éditorial par Martine Morillon-Carreau, qu’est-ce qui nous fait mieux coïncider avec nous-mêmes et le monde, la parole ou l’image, débouche sur ce constat : « L’important étant que les mots sachent faire image – et vice versa – afin que les textes puissent, en les images suscitées, devenir prétexte à penser, imaginer, rêver ; et pourquoi pas, tout simplement, jubilatoire et poétique pré‑texte ». Un numéro incontournable.

– Michèle Duclos : J’écris après réception et surtout lecture du 81 longtemps attendu ! Avec, comme les précédents, la poursuite d’une ligne directrice ferme et dont le thème surprend au départ car j’associe plus facilement poésie et musique, même si nombre de poèmes ont dû célébrer peintres et tableaux… mais le plus nouveau pour moi est le rapprochement contemporain des techniques par les deux types de créateurs – du signifié au signifiant ? Surtout chez les cubistes qui découpaient de conserve désormais autrement le monde extérieur (et intérieur) et la prosodie. Intéressant aussi de rappeler que des poètes – Gérard Mottet. et Martine Morillon-Carreau – peuvent aussi être d’excellents pédagogues clairs et précis ; Intéressant aussi que le premier texte soit suivi d’un beau texte plus elliptique (Alain Duault). Bien sûr le très beau texte – la riche langue, sur les Jardins-Femme (Marilyne Bertoncini) qui invite aussi à en chercher d’autres ; Colette si proche de la réalité sensorielle… D’autres beaux textes mais qui inviteraient à se tourner vers les auteurs qu’ils présentent : JM Maulpoix ; Michaux et Zao-wou-ki. Intéressant aussi et utile : pressentir de futurs grands (rôle et supériorité des revues sur de futurs volumes) et : rappeler des noms oubliés (Maurice Chapelan).

– Jean-Louis Bernard à Gérard Mottet : Cher Gérard, je viens juste de terminer ton étude sur les rapports entre peinture et poésie. C’est une mine qui devrait être mise entre les mains (et l’esprit…) de tout peintre et/ou poète désireux d’aller un tant soit peu au-delà des apparences. Sans parler de l’érudition qui se fait jour à chaque page, le lecteur est transporté dans une immense chambre d’échos où se répondent sans cesse les deux arts, où l’espace du tableau et le temps du poème s’entrecroisent, où poètes et peintres cités semblent échanger leurs œuvres pour en devenir, in fine, auteurs. Peut-être tout cela n’est-il, au fond, que question de regard… En tout cas, une étude de base, à mon humble avis…

– Marc Bergère (peintre-encreur) : Ce numéro est vraiment une réussite ; j’ai feuilleté et picoré avant de me lancer dans l’article introductif de Gérard Mottet qui est une formidable somme !!!

– Revue Décharge : Les “Femmes-jardins” se donnent rendez-vous autour de Marilyne Bertoncini dans la revue Poésie / Première n°81, élue “Revue du mois” pour février par Jacques Morin, à la Une du jour sur le Magnum : www.dechargelarevue.com. Les rapports entre Peinture et poésie y sont examinés par Gérard Mottet, et Maurice Chapelan nous est présenté par Bernard Fournier. Maintes autres découvertes à faire sous les signatures notamment d’Alain Duault et de Martine Morillon-Carreau.

Présentation et analyse par Jacques Morin et Claude Vercey (www.dechargelarevue.com) : Après un édito synthétique de la rédactrice en chef Martine Morillon-Carreau, on plonge dans le dossier passionnant de la livraison : peinture et poésie, grâce à un article signé Gérard Mottet.
Il remonte jusqu’à nos ancêtres du paléolithique et met en avant leur aspect commun, à savoir l’imitation. Il s’arrête ensuite au XVII° siècle avec la rupture que sera la Querelle des Anciens et des Modernes. L’imitation d’un côté contre l’invention de l’autre, et l’imagination créatrice. Les peintres du XVIII° chercheront ce qui peut « émouvoir plutôt qu’impressionner ». Citation de Diderot : Les mots sont les couleurs dont le poète se sert. Le Romantisme réunit Hugo et Delacroix. Puis Impressionnisme pour la peinture et symbolisme pour la poésie forment mouvements parallèles. Puis c’est l’émergence de tout un ensemble de mouvements en -isme autour de la Grande Guerre. Les amitiés se tissent entre peintres et poètes. Il est question de « livres d’artistes ». Apollinaire va expérimenter les calligrammes. Gérard Mottet termine son intéressante étude après le surréalisme sur quelques poètes majeurs comme Reverdy, Char ou Tardieu. Au final, c’est l’imagination qui a poussé des deux fers quel que soit l’art ou la pratique. Ensuite Alain Duault prolonge le thème : la peinture fixe l’instant, la poésie en assure la transhumance. Et s’intéresse en particulier à Modigliani en écrivant dans son poème « Nus » : …y a-t-il / Plus beau paysage que la nuque d’une femme courbée / Sur son sommeil… 
Jacqueline Persini donne un poème où ses mots sont mêlés à ceux du peintre Pierre Delcourt. : Ta peinture, ce n’est pas toi / mais l’inconnu de toi, / de nous / qui, à peine approché / se dérobe. La poésie de Myriam Eck introduit une encre de Marc Bergère. Dominique Zinenberg étudie 8 lectures d’Henri Michaux du peintre Zao Wou-Ki, ce qui est un peu compliqué sans les lithographies.
Ensuite Marilyne Bertoncini donne le dossier du n° : Les Jardins-Femme. Étude à la fois littéraire et pertinente. En prenant appui sur Nerval et Zola. Le jardin, par sa configuration évoque ces parterres brochés des châteaux du Grand Siècle… Puis Jean Cocteau et Lucie Delarue-Mardrus (appartenant au Romantisme féminin), enfin Colette (jardin d’en haut, jardin d’en bas de Saint-Sauveur) et Pascal Quignard.
Alain Duault continue son parcours de Lectures et connivences avec cette fois Jean-Michel Maulpoix en étudiant ses recueils avec sagacité. Deux citations : Au plus près de ce qui se dérobe. Et La poésie met la langue en état critique.
Bernard Fournier nous fait découvrir Maurice Chapelan (pseudo Aristide) (1906-1992) grâce à un gros bouquin universitaire écrit en anglais sur la linguistique ! Avec une langue à la fois savante et pimentée. J’écris pour me surprendre, c’est-à-dire à la fois pour me découvrir et m’étonner.
Martine Morillon-Carreau analyse pour mieux appréhender son parcours le premier volume de l’œuvre critique de Jacques Ancet « Les voix du temps » sur Don Quichotte, Jean-de-la-Croix, Gongora, Quevedo, puis Rimbaud et Mallarmé.
Suivent les poèmes : entre autres Henri Perrier Gustin : Respiration lente, peser les mots / au trébuchet de l’identité. Françoise Vignet : L’ossature des arbres, noirs sur un ciel nu – et le couchant laiteux au loin. Règne du morne. Avant les nombreuses notes de lecture finales.

Voir aussi l’excellente présentation de ce numéro que fait Rémy Soual sur le site de la revue en ligne Recours au Poème, dont voici les premières lignes.
« Ut pictura poesis », la formule initiale d’Horace, relatant les alliances entre la poésie et la peinture, traduite soit par « La poésie est comme la peinture », soit par « Il en va de la poésie comme de la peinture », se trouve au commencement de ce fil déployé, en tissage des relations entre ces deux arts respectifs, tant dans les lectures et réflexions que dans les créations et autres poèmes. C’est ce parcours que se propose de tracer l’article liminaire de Gérard Mottet, mettant en exergue la citation de Léonard de Vinci au cœur de sa pensée : « La poésie est une peinture qu’on entend au lieu de la voir », l’histoire d’une connivence intime entre les deux champs d’où semble s’élever un même chant à l’unisson ! 

Nos collaborateurs ont récemment publié

Marilyne BERTONCINI
Son corps d’ombre (avec des collages de Ghislaine Lejard), éditions Zinzoline, à paraître fin juin 2021, 48 p., 13 € (en souscription, 10 €).
Soleil Hésitant, de Gili Haimovich, traduit par Marilyne Bertoncini, éd. Jacques André, mai 2021.
Je dis DésirS, anthologie, textes choisis par Marilyne Bertoncini et Franck Berthoux, éd. PVST, avril 2021.

Philippe BIGET 
Les Nouvelles sont bonnes, recueil de 12 nouvelles, collection “Récits et fictions”, éditions Fondencre, 2021, 114 p. (16 € + participation aux frais d’envoi 2 €).
Avec Daniel Birnbaum, Marie-Claude Bourjon, Gwenael Bulteau, Viviane Campomar, Jean-Yves Carlen, Julie Chaux, Stuart Dybek, Fréderique Kerbelec, Irène Krassilchik, Alexia Mahdidi , Jean-Pierre Schamber, Natalia Vikhalevsky.
Des récits courts et divertissants invitent le lecteur à s’imprégner d’une atmosphère particulière.

Catherine-Alice CARLS 
~ Marilou Awiakta. Our Courage Is Our Memory / Notre courage est notre mémoire. Vingt poèmes traduits de l’anglais par Alice-Catherine Carls et illustrés par Pierre Cayol. Bagnols-sur-Sèze : Imprimerie du Gard rhodanien, 2021. 20 p.
~ « La Valise poétique de Piotr Krynicki. » Introduction à l’œuvre et traduction de neuf poèmes. Recours au Poème, n° 211, novembre/décembre 2021.

Michèle DUCLOS 
~ Entretien au sujet de Kathleen Raine, Les Cahiers d’Eucharis, 2021 pp.102 109.
~ Le Symbolisme et l’Imagination selon Kathleen Raine, Revue européenne de recherches sur la poésie, n°7, 2021.

Bernard FOURNIER
Statues-menhirs, (extraits), à paraître, in Anthologie « Dire oui » proposée par Florence Saint-Roch, revue internet Terre à ciel, janvier 2021
Statues-menhirs, (extraits), in Gustave, revue électronique, n° 110, 5-12 avril 2021.

Isabelle LELOUCH
Leurs ailes, Oiseau bleu Aigle vert, édition Thyma, février 2021, 12 €.

Laurence LEPINE
Jéhanne, éditions Henry, octobre 2021, 60 p., 8 €.
[Ce fut chose nouvelle, lorsque au-dedans de la terre tranquille de mon corps,
j’entendis remuer comme remue chose en lande épaisse du désir, un homme aux ailes d’ange]

Martine MORILLON-CARREAU
~ Et puis quoi d’à venir, édition bilingue français-anglais (avec des encres de Marc Bergère), éditions Transignum, avril 2021, 52 pages.
~ La porte des songes, nouvelle inédite, Poésie/première n°78, janvier 2021, pp.89-96.

Gérard MOTTET
Suite indienne, neuf poèmes parus dans la revue Diérèse, n°81, juin 2021, pp.169-178.

Gérard MOTTET & Jacqueline PERSINI
Si seulement  l’envol (avec des encres de Marc Bergère), éditions Unicité, mars 2021, 116 p., 13 €.

Jacqueline PERSINI
~ Vers les cygnes sauvages (illustrations Jean-Louis Pérou), éditions Pétra, 2021.

Ludmilla PODKOSOVA
Chemins, revue Interventions à Haute Voix, juin 2021.
Diane enchanteresse, éditions Stellamaris, 67 p., 13 €.

Claire TARDIEU
S’échappe la poésie, Éditions Littérales, 2020 (Prix Patrice Fath), 38 p., 10 €
~ Poèmes « Vague au désir de dune », Le désir, Écritoire d’Estieugues, 2021, pp. 22-23.
~ Retour au pays, Éditions des Deux Rues, décembre 2021 (Prix de Poésie Histoire et Mémoire), 46 p., 10 €.

François TEYSSANDIER
~ Poèmes publiés dans la revue PHOENIX n°36, juillet 2021.
~ La Lenteur des rêves, éditions Les Lieux-dits, collection Les Cahiers du Loup bleu, 2022, 44 p., 7 €.

Concerto pour marées et silence : le numéro 14 de la revue est paru, avec des écrits d’une douzaine de nos abonnés et collaborateurs.

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